Boom Under 50 : Speed

mardi 23 juillet 2013 à 9:34

Speed (1994)

Notre chronique Blockbusters évolue légèrement dans son format, mais pas dans le fond. On continue ainsi d’examiner comment les films à grand spectacle nous venant d’Hollywood résistent aux affres du temps.

Aujourd’hui, on se tourne vers ce qui est plus ou moins la quintessence du blockbuster des années 90 avec Speed de Jan DeBont. C’était d’ailleurs la première réalisation pour ce réalisateur qui est pourtant un vétéran dans le milieu, puisqu’il était directeur de la photographie sur une vingtaine de films auparavant.

Speed (1994)

Il a donc une certaine expérience et nous concocte ici un film dont le titre explicite complètement le contenu. L’histoire se centre sur un flic joué par Keanu Reeves – qui n’est pas très bon pour livrer ses dialogues, mais qui excelle dans l’action. Avec son partenaire, il déjoue les plans d’un terroriste qui décide de ne pas laisser tomber. Il pose alors une bombe dans un bus qui ne doit pas ralentir sous peine d’exploser. Keanu se dépêche de monter à bord de cet engin de la mort afin de sauver tout le monde, mais son ennemi est des plus rusé. Heureusement, il reçoit l’aide de Sandra Bullock qui se retrouve à conduire le satané bus.

Le concept est simple et complètement dédié à l’idée de vitesse. Le scénario de Graham Yost va droit au but et n’oublie pas non plus de donner un peu d’épaisseur au méchant – Dennis Hopper – pour totalement justifier le grand n’importe quoi qui est en train de se produire.

Speed (1994)

DeBont s’impose en maitre pour entretenir la tension d’un bout à l’autre. Speed est le genre de films où tu t’accroches littéralement à ton siège, même si au fond de toi tu sais que le bus ne va pas simplement exploser à mi-parcours. La crédibilité n’est pas spécialement de mise, mais elle n’est pas non plus remise en question, sauf quand le bus fait un vol plané au milieu d’une autoroute en construction. C’est bien l’un des rares moments du film qui pousse légèrement trop loin le concept, mais il est rapidement oubliable, car la fuite en avant ne s’arrête pas là.

Speed (1994)

Dans une ère post-Die Hard, Speed a bien entendu le mérite de ne pas avoir un héros qui est simplement badass, puisqu’il n’oublie pas pour autant d’être quelque peu réaliste. Jack Traven est un inconscient et tout le monde le sait. Du début à la fin, on trouve toujours quelqu’un pour noter qu’il n’est pas très futé et que c’est probablement pour cela qu’il fonce tête baissée dans des situations dans lesquelles une personne saine d’esprit aurait pris le temps de réfléchir avant d’agir. Heureusement, il a son partenaire, Harry Temple (Jeff Daniels), pour fournir du temps de cerveau. Sans lui, il est probable que Jack aurait péri il y a bien longtemps. Cela contrebalance l’idée que Jack pourrait être invulnérable.

Sandra Bullock s’impose dès lors pour nous aider à ne pas oublier que nous pourrions nous aussi être les passagers de ce bus. Elle sert aussi d’intérêt romantique, mais c’est plus ou moins tourné à la blague.

En tout cas, Jack est un accro à l’adrénaline et cela se communique assez bien, puisque le film n’en manque pas. C’est d’ailleurs pour cela que même s’il est daté à un certain niveau esthétique, Speed reste encore diablement efficace.

Speed (1994)

Réalisateur : Jan de Bont ; Scénariste : Graham Yost.
Casting : Keanu Reeves, Dennis Hopper, Sandra Bullock, Jeff Daniels, Joe Morton, Richard Lineback, Alan Ruck, Margaret Medina, Carlos Carrasco, Hawthorne James, Beth Grant.