Star Trek VIII : First Contact (1996)

jeudi 05 novembre 2009 à 23:06

Star Trek VIII : First Contact (1996)

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Les Borg se dirigent vers la Terre pour assimiler les êtres humains. L’Enterprise arrive à temps pour anéantir le Cube, mais une boule s’échappe et part vers le passé pour empêcher le premier contact entre l’humanité et les Vulcains. Le vaisseau de la fédération les suit, mais découvre rapidement qu’ils sont abordés par la terrible race cybernétique.

Je ne suis pas sûr de pouvoir être objectif avec ce First Contact, car c’est peut-être bien mon préféré de toute la série cinématographique. Il faut dire que Brannon Braga et Ronald D. Moore – cette fois encore au scénario – répondent à l’une des règles primordiales du cinéma d’action : avoir un bon méchant. Qu’y a-t-il de plus terrible que les Borg ? Une chose est sûre, ils sont à la hauteur de l’ambition du film – réalisé par Jonathan Frakes himself – qui va nous permettre de découvrir un pan de l’histoire trekkienne, tout en offrant à Jean-Luc Picard le combat de sa vie – dans tous les sens du terme.

Nous avons donc deux storylines. L’une sur Terre, en compagnie du célèbre Zefram Cochrane (James Cromwell) et l’autre sur l’Enterprise-E, avec le combat contre les Borg.

Sur Terre, donc. Le mythique Cochrane s’apprête à faire l’Histoire, mais il ne le sait pas. Quand il va l’apprendre, il va avoir du mal à le digérer. Il faut dire que l’homme n’est pas un saint, il aime l’alcool, les femmes et l’argent, ce qui est suffisant pour le motiver à construire sa navette. La paix dans le monde, ce n’est pas encore dans son objectif. Choc culturel/temporel quand il se retrouve face à une bande d’ingénieurs adorateurs de sa personne. Les enjeux sont donc ici majeurs, car si le savant un peu fou ne parvient pas à accomplir sa mission, le cours de l’évolution de l’humanité sera altéré, mais cela sera contrebalancé par le fait que c’est la partie la plus légère du film. Un humour pas trop lourd, car dans les standards de la série. Les fans apprécieront les clins d’œil et autres références à l’univers qui passent par des anecdotes et des visages familiers – pas de quoi perturber le néophyte. Côté personnages, ce sont Riker et Geordi qui ont la vedette, le second nous introduisant d’ailleurs à ses yeux. Deanna est elle présente au début, mais sera mise en retrait. Il faut bien reconnaitre qu’ils auraient tous trois pu profiter d’un peu plus d’approfondissement, mais l’intrigue ne laisse pas trop de place à cela.

Il faut dire que nous avons une grosse bataille sur l’Enterprise et cela devient ainsi l’élément dominant du métrage. Picard se retrouve face à l’une de ses plus grandes peurs : les Borg – donc. L’invasion est stratégique et Data va rapidement se faire prisonnier. Comme dans Générations, le robot va de nouveau bénéficier d’un développement autour de sa quête d’humanité. Une thématique forte dans le cadre présent, vu que les Borg cherchent à assimiler pour devenir parfaits, alors que lui veut acquérir les imperfections des humains. C’est avec autant d’intérêt que les motivations de Picard seront développées, construites autour d’un fort ressentiment datant de son assimilation 6 ans plus tôt. Une fois de plus, on connecte avec l’histoire de la série, ramenant le fantôme de Locutus. Pour aider à l’immersion, Lily (Alfre Woodard), collègue de Cochrane qui se retrouve sur le vaisseau pour être soignée, va faire une partie du voyage avec le capitaine, lui offrant ainsi la vision extérieure qui lui permettra d’accepter la vraie nature de ses motivations.

Le tout est bien entendu agrémenté d’une bonne dose d’action qui nous emmènera même sur la coque externe de l’Enterprise-E, au grand dam de Neal McDonough, Red Shirt malgré lui.

First Contact bénéficie donc d’un scénario qui reste accessible aux gens qui ne connaissent pas les précédentes aventures de Picard et de son équipage, mais qui offre énormément plus à ceux qui sont familiers avec l’Histoire Star Trek et celle de The Next Generation en particulier. Certes, certains personnages sont sous-exploités, mais cela ne va aucunement handicaper le déroulement du film qui est déjà assez chargé. Une densité narrative fort appréciable et sur laquelle il y a encore beaucoup à dire, mais je vais m’arrêter là.

A–