Star Trek XI (2009)

jeudi 26 novembre 2009 à 22:20

Star Trek XI (2009)

Vous pouvez retrouver cette critique sur Critictoo.

Résumé : En 2233, le vaisseau du romulien Nero apparait, sorti de nulle part, et s’attaquant à l’USS Kelvin venu observé les évènements. Des années plus tard, James T. Kirk est à l’académie de Starfleet quand Nero revient et planifie d’anéantir la planète des Vulcains.

Me voilà arrivé au bout de cette intégrale des films de la franchise Star Trek. C’est donc le moment du reboot de la série, de sa « réactualisation » grand public qui a pour but de la sortir de son ghetto pour vieux geeks afin de l’offrir à une nouvelle génération de spectateurs.

Le but est louable, c’est certain, mais pourquoi ne pas avoir simplement lancé une nouvelle franchise de SF ? Pourquoi Star Trek ? Allez savoir.

L’une des missions du long métrage était dès lors de ne pas renier son passé, mais de se créer un nouveau futur. Pour ce faire, le scénario d’Orci et Kurtzman (qui ont aussi signé Transformers) s’offre un petit voyage dans le temps qui permet de nous placer dans une nouvelle réalité, comme on nous l’explique très bien dans le film. Ainsi, Leonard Nimoy apparait pour nous dire que les dernières décennies d’histoire existent toujours dans une autre version de l’univers, mais dans cette nouvelle, les personnages n’ont pas vécu la même chose et tout est permis.

C’est assez crédible, mais alors pourquoi se fatiguer à vouloir créer un alibi scientifique si c’est pour ensuite enchainer sur tout sauf de la logique scientifique. Bon, il faut avouer qu’on pouvait le voir venir dès le départ, car ce qui explique le voyage de Nero est une pseudo matière rouge, reflet de l’obsession malsaine de J.J. Abrams pour les grosses bouboules rouges pleines de pouvoirs (cf. Alias).

Mais j’étais prévenu, l’aspect scientifique du film est quasiment inexistant et aucun effort n’est donc à faire pour trouver ici de la logique. C’est rassurant, car vu comment on enchaine les scènes qui n’arrivent à coller ensemble que par le plus gros des hasards et, aussi, avec de grosses ficelles scénaristiques difficilement camouflables, le contraire aurait été inquiétant.

Bref, C’est un bordel sans nom qui nous est vendu par une bande d’adulescents non qualifiés auxquels on a remis les clés de la Ferrari. C’est surement là l’aspect le plus difficile à avaler, le fait que l’on se retrouve avec le vaisseau qui fait la fierté de la Starfleet et qu’à son bord il y a un capitaine qui est en charge de la garderie, un groupe de cadets arrogants à peine en âge de boire de l’alcool (enfin, selon la législation actuelle). C’est exagéré, mais c’est l’impression générale. Le plus inquiétant est quand même qu’avant la moitié du film, et l’arrivée de Scotty, il semble qu’il n’y avait personne dans la salle des machines…

Pour nous emballer tout ceci, J.J. Abrams n’a pas dû faire appel à un directeur de la photographie, engageant plutôt un stagiaire pas vraiment qualifié. Enfin, il faut le croire vu les plans parfois bizarres que l’on nous sert, sans oublier les incessants reflets de lumières qui sont là pour nous éblouir, ou promouvoir la qualité du travail des femmes de ménage de Starfleet qui font tout briller… littéralement.

Mais je suis peut-être trop méchant. Certes, le scénario est stupide, la réalisation bancale – avec Abrams, on ne peut pas dire que ce soit une surprise –, mais malgré ça, ce Star Trek a quand même de bons côtés. Le principal est que c’est réellement divertissant, avec de l’action en presque continue et une certaine légèreté de ton (on rit certainement plus qu’on devrait face à certaines scènes involontairement débiles) qui fait que les moments graves ne fonctionnent jamais, mais on n’en a rien à faire, donc ça passe.

En gros, Abrams délivre un Star Trek décérébré, vidé de la philosophie et de l’intelligence de la franchise, mais qui est suffisamment fun pour faire passer un moment agréable.

En location

Réalisateur : J.J. Abrams ; Scénaristes : Roberto Orci, Alex Kurtzman
Casting : Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Simon Pegg, Winona Ryder, John Cho, Ben Cross, Bruce Greenwood, Zoe Saldana, Karl Urban, Anton Yelchin, Leonard Nimoy, Tyler Perry, Jimmy Bennett, Clifton Collins Jr., Marlene Forte, Chris Hemsworth