Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

samedi 24 août 2013 à 11:22

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

Après cette pénible expérience que fut le revisionnage de la seconde trilogie Star Wars, il est temps de revenir à l’originale. Un exercice qui est probablement légèrement périlleux, puisque l’on parle ici d’un des films les plus influents de l’histoire du cinéma. Il a fait naitre tant de vocations que son empreinte est simplement visible partout.

Néanmoins, j’ai découvert il y a quelques années, à ma grande surprise, qu’il y a des personnes qui ne l’ont pas vu. Je suppose donc qu’il est toujours bon d’en parler pour aller au-delà de la légende, de cette aura qui a pris plus d’importance que le film lui-même. D’ailleurs, quand on évoque Star Wars, c’est plus souvent de la trilogie dont il est question, pas uniquement le premier opus que l’on appelle désormais A New Hope.

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

Dès lors, si quelqu’un ne sait pas de quoi il est question, il est préférable de débuter par un léger rappel : avant d’être capturée par l’Empire, la Princesse Leia Organa de la planète Alderaan confit un message à un petit droïde, R2-D2. Il doit livrer celui-ci à un dénommé Obi-Wan Kenobi sur la planète Tatooine. Appuyé par un droïde de protocole, C-3PO, il se retrouve dans les mains du jeune Luke Skywalker. Ce dernier les aidera à trouver Obi-Wan qui l’invitera à l’assister dans sa mission. L’Empire lui enlevant tout ce qu’il a, Luke accepte.

Bien entendu, ils rencontrent rapidement le célèbre Han Solo qui les accompagnera dans cette grande aventure intergalactique qui les posera sur la route du redoutable Darth Vador et de sa Death Star.

A New Hope s’ouvre donc en nous racontant les péripéties d’un duo d’intrépides droïdes légèrement excentriques, R2-D2 et C-3PO. Le premier ne s’exprimant que par bips, c’est le second qui s’occupe de parler, et il n’arrête pas. Il s’impose dès lors comme étant un narrateur improvisé qui nous livre étrangement naturellement les clés de l’univers dans lequel nous plongeons.

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

Ainsi, avant même d’avoir présenté les véritables héros de l’histoire, le film prend forme concrètement. L’introduction de Luke – puis celle d’Obi-Wan – arrivera alors de façon naturelle et les évènements qui suivent et qui doivent mener au départ de Tatooine, bien qu’ils se jouent de manière finalement assez brusque, trouvent une logique qui fait que l’on ne peut pas vraiment les remettre en question. L’utilisation de C-3PO comme impromptu narrateur reviendra par la suite sur la Death Star, le droïde aidant à entretenir l’impression de danger permanent, tout en ajoutant une touche de comique.

Cela a en tout cas l’avantage de rendre dynamique un film qui est en soi assez basique et linéaire. Il en tire d’ailleurs le maximum, puisque si l’histoire est fondamentalement générique avec sa princesse à sauver et son empire diabolique à vaincre, la construction de son univers est d’une rare efficacité.

Notons en plus que si l’on n’a pas vu les épisodes I à III, ce qui était le cas pendant plus de 20 ans après la sortie de cette première aventure, ne pas savoir ce qu’était la Guerre des Clones ou les tenants et aboutissants des agissements politiques de l’Empereur n’avait pas une réelle importance, car cela donnait juste l’impression que Luke, Vador & Co appartenaient à quelque chose de plus grand. Puisque les enjeux immédiats étaient concrets, ils n’avaient pas besoin de plus pour aider à porter les personnages jusqu’au bout.

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

En tout cas, le talent de George Lucas est indéniablement d’avoir rendu l’ensemble simplement magique. Il a écrit une histoire classique dans ses thématiques et il lui a donné une âme et des couleurs avant d’y ajouter une dimension épique en passant par l’établissement d’une mythologie qui sollicite plus l’imagination du spectateur qu’elle ne s’appuie sur des faits établis. Avec Star Wars, Lucas a trouvé la recette pour faire rêver en ouvrant de nouveaux horizons – technologiques surtout, puis économiques par la suite.

Cela ne veut pas pour autant dire qu’il a fait un film parfait, bien au contraire, il y a des défauts indéniables – une partie de ceux-ci ont étrangement aidé à amplifier l’aura qui entoure l’œuvre. L’un des principaux est le manichéisme de l’histoire qui sera quelque peu nuancé dans les suites, mais qui tend ici à juste tout simplifier. Même Han Solo, qui est présenté comme étant un petit criminel, est foncièrement du bon côté.

Il faut dire que Harrison Ford avait l’étrange pouvoir d’ajouter une grosse dose de charme qui a servi à arrondir les angles dès sa première apparition. Il s’impose plus comme le héros que Luke dans ce sens, même si le jeune Jedi possède cette âme pure qui apporte l’étincelle qui lance réellement la machine – et qui le rend par moment trop naïf et transparent.

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

Pour terminer, un point négatif que rien ne peut vraiment pardonner à ce stade : The Special Edition. J’ai acheté les DVDs à la sortie et, bien que j’ai en ma possession les versions originales en Laserdisc Video (oui, c’est quelque chose qui a existé), j’ai donc revu cette version avec soi-disant de meilleurs effets spéciaux. Ceux-ci sont une horrible distraction, tout particulièrement durant l’attaque contre la Death Star où ils cassent le rythme de manière irritante – et ils ne sont pas spécialement plus beaux.

A New Hope mérite un dernier mot plus positif que cette regrettable constatation. Même si découvrir Star Wars étant jeune fut un moment important pour moi, je ne me qualifierais pas de fan ultime, bien que je porte en grande estime le film pour sa capacité à divertir et pour m’avoir fait tant rêver – et je ne suis surement pas le seul dans ce cas.

Star Wars Episode IV: A New Hope (1977)

Réalisateur & Scénariste : George Lucas.
Casting : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Alec Guinness, Peter Cushing, David Prowse, James Earl Jones, Anthony Daniels, Kenny Baker, Peter Mayhew.