Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

samedi 07 septembre 2013 à 10:59

Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

Après le succès du premier long-métrage de la saga Star Wars, Luke et ses amis ont fait leur retour dans The Empire Strikes Back. Si cette suite était produite aujourd’hui, il est probable que les choses n’auraient pas tourné aussi bien, mais c’était 1980 et le film a aisément rejoint la liste des seconds opus qui surpassent leur prédécesseur.

Ici, il n’est pas question de recycler l’intrigue de A New Hope, mais de la poursuivre et, au lieu de le faire en jouant simplement la carte de la surenchère, l’histoire s’oriente avant tout sur le développement de l’univers. D’ailleurs, The Empire Strikes Back ne peut pas survivre par lui-même, il est réellement l’extension du film qui le précède et n’a pas de réelle conclusion. Il est juste le second acte et, en suivant cette logique, après la première partie servant à faire de l’exposition, nous plongeons directement au cœur du sujet pour le développer.

Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

Presque, puisqu’il faut bien tout relancer et le début sur la planète glaciaire du système Hoth s’occupe de replacer les personnages avant de les séparer pour qu’ils puissent vivre leurs propres aventures. Ainsi, après une attaque de l’Empire sur la base secrète de la rébellion, Leia et Han sont traqués par Darth Vader et sa flotte. Ils se réfugient alors au cœur d’un champ de météorites qui leur réserve bien des surprises. Pendant ce temps, Luke se rend sur Dagobah où il rencontre le vieux maitre Jedi Yoda qui accepte de l’entrainer. Il doit apprendre à maitriser la force s’il veut battre Vader.

L’un des moments clés de The Empire Strikes Back se trouve à la fin, quand Darth Vader fait sa grande révélation à Luke. Ce twist qui parait n’être là que pour choquer le spectateur dans un premier temps est surtout ce qui fait que l’univers de Star Wars est si cohérent. Une fois que la vérité est digérée, tout semble simplement plus logique, comme si transformer la saga en une terrible tragédie familiale lui donnait la véritable gravité qu’il lui fallait pour s’élever au-dessus d’un divertissement innocent.

Ce second film s’aventure d’ailleurs avant cela dans des contrées déjà sombres. Le sort réservé à Han Solo repousse quelques limites, montrant bien que Vader n’est pas qu’un simple méchant destiné à se faire battre par le chevalier blanc qu’on lui mettra sur sa route. Il a un rôle à jouer que l’on ne fait qu’entre-apercevoir et qui laisse supposer que si l’Empire n’a jusque-là été capable que de perdre des courses-poursuites dans l’espace, il n’est pas qu’un symbole à anéantir.

Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

The Empire Strikes Back prend alors chaque pan de l’histoire qui fut posée dans A New Hope et lui ajoute une dimension émotionnelle et/ou dramatique. Ainsi, lors de l’apprentissage de Luke auprès de maitre Yoda, on comprend réellement que la Force a deux facettes aussi distinctes l’une de l’autre qu’elles sont proches. Le jeune Skywalker risque, s’il se laisse séduire par le côté obscur, de devenir celui qu’il tente de battre. Cela peut certes se résumer à dire que les méchants exploitent la haine et la peur pour arriver à leur but, ce qui sonne des plus clichés, mais en pratique les enjeux dépassent la corruption de l’âme du héros au grand cœur.

Pour Leia, les choses sont moins noires en apparence, si ce n’est que cela se conclut tout de même en histoire d’amour tragique quand l’homme qu’elle aime lui est arraché des bras pour être envoyé vers un futur incertain. Rien dans ce film ne parait pouvoir bien se terminer, mais cela n’empêche pourtant pas la conclusion de posséder une once d’espoir.

C’est quelque chose que l’on trouve moins souvent de nos jours où le cynisme a pris le pouvoir. The Empire Strikes Back offre une grande aventure spatiale à la fin désastreuse pour les personnages principaux, mais le combat n’est pas fini. Ainsi, si le film ne peut d’ailleurs pas exister sans A New Hope, il est tout aussi dépendant de Return of the Jedi. Dans ce sens, il est presque logique que ce second acte se termine mal, afin que le troisième puisse aller de l’avant vers une victoire qui ne pouvait être totale que s’il y avait eu des sacrifices et autres obstacles à surmonter en cours de route. C’est la base de tout bon drama.

Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

De plus, c’est probablement parce qu’il n’a pas été conçu pour vivre de façon indépendante que le film se montre aussi solide et haletant du début à la fin. À la réalisation, Irvin Kershner a en plus quelque chose qui manquait à Lucas – comme le confirme la nouvelle trilogie – puisqu’il parvient à maitriser son histoire, malgré le fait qu’elle se révèle moins linéaire. Il instaure une construction qui non seulement entretient le rythme sans faiblir, mais qui permet également de tirer un maximum de chaque twist. La duplicité de Lando Calrissian devient un outil narratif au même titre que le décor que fournit sa cité dans les nuages. C’est un jeu d’apparences qui impose au montage sa cadence et maintient la tension durant tout le dernier tiers du film.

Au final, The Empire Strikes Back accomplit basiquement ce que tout second volume d’une trilogie se devrait de faire par définition. Il étend l’univers, ajoute de la complexité aux différents protagonistes, pousse les enjeux à un niveau supérieur, le tout sans se noyer dans de la surenchère gratuite ou dans une redondance paresseuse. Son principal défaut qui devient également un atout majeur se trouve être qu’il n’a pas été conçu pour séduire un nouveau public qui tomberait par hasard dans le monde de Star Wars. Il reste accessible pour les néophytes dans le sens où le texte de début pose un contexte et que les premières scènes rappellent les relations entre les personnages, mais cela ne dépasse pas ce minimum. C’est un choix créatif qui fut payant, ce second opus pouvant ainsi prendre son envol sans tarder et nous livrer une grande aventure qui pousse encore un peu plus loin le facteur épique de toute la saga qui arrive alors à maturation. Maintenant, il n’y a plus qu’à parler de Return of the Jedi, et c’est une autre histoire.

Star Wars Episode V : The Empire Strikes Back (1980)

Réalisateur : Irvin Kershner ; Scénaristes : Leigh Brackett, Lawrence Kasdan, d’après une histoire de George Lucas.
Casting : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Billy Dee Williams, Anthony Daniels, David Prowse, Kenny Baker, Peter Mayhew, Frank Oz, Jeremy Bulloch, Alec Guinness, Denis Lawson, Clive Revill.