Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

mercredi 18 septembre 2013 à 9:41

Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

Nous voici arrivés à la fin de la trilogie originale. Une nouvelle est censée voir le jour dans les années à venir, mais en attendant, revenons sur ce fameux Return of the Jedi. Fait assez étrange, il semble être l’épisode le plus critiqué, mais il est également celui qui contient le plus d’éléments devenus référentiels avec le temps. D’ailleurs, peu importe la qualité du film, il reste supérieur à tout ce qui fut accompli dans la seconde trilogie.

Le fait est que Return of the Jedi donne l’impression qu’il est touché par une prise conscience commerciale qui n’a pas affecté The Empire Strikes Back. Ce n’est pas que le scénario de Lawrence Kasdan et George Lucas était dénué d’une totale absence de prises de risques, mais il faut bien admettre qu’il tend à se montrer plus simpliste et fédérateur dans ses thématiques, s’éloignant en partie de la noirceur qui caractérisait les développements des personnages dans le second opus – sans parler de l’apparition d’éléments pouvant être dérivés en action figures.

Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

Nous reprenons donc l’histoire par le célèbre passage chez Jabba the Hutt. Ce premier acte ouvre le film de façon assez légère, tout particulièrement avec l’inimitable duo comique que forment C-3PO et R2-D2. Cela dit, même s’il est appréciable de voir la storyline de Han Solo être complétée sans précipitation, cette conclusion aurait aisément pu être raccourcie. Il semble que, question de timing, l’idée était de calquer la structure du précédent film, sauf que la bataille sur la planète glaciaire était bien plus épique. D’un autre côté, s’il y avait eu des coupes, nous n’aurions probablement pas eu Leia dans son fameux bikini métallique. Narrativement parlant, cela n’aurait pas été gênant, d’un point de vue culturel, étrangement, l’impact aurait été notable sur plusieurs générations de fans.

Quoi qu’il en soit, Han a le droit de mettre derrière lui ses problèmes avec Jabba, tout comme Luke prendra le temps de rendre visite à Yoda pour qu’il puisse à son tour obtenir une véritable fin – il en profite d’ailleurs pour livrer les informations clés manquantes sur Vader et sa famille. Dans ce sens, on peut dire que la trilogie Star Wars s’est montrée relativement complète.

Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

Donc, tout ceci peut être laissé derrière afin que l’on puisse s’engager pleinement dans la dernière grande bataille contre l’Empire. Nous avons une nouvelle Death Star et, en plus, l’empereur est sur place. L’opportunité est bien là, il ne faudrait pas passer à côté. Les rebelles se mettent en route et, au lieu de reproduire la fin du premier film, ils se retrouvent à devoir aller sur une planète pour détruire le champ de protection de la station spatiale.

L’un des soucis de Return of the Jedi est que le danger tarde à réellement se faire sentir. Même quand la bataille finale éclate véritablement, il est beaucoup trop évident que tout le monde s’en sortira. La partie sur la lune d’Endor se révèlera alors plus que divertissante, mais le fait qu’elle soit en grande partie dépourvue de tension dramatique la rend bien trop ludique. Ce n’est d’ailleurs clairement pas aidé par la participation des fameux ewoks. On ne peut pas nier qu’ils sont mignons, mais passer cela, il faut aussi reconnaitre qu’ils rendent relativement absurde le combat contre les forces de l’empire pour conquérir la base sur la planète. Néanmoins, étant jeune, je les adorais – malheureusement, j’ai grandi et ils m’irritent un peu désormais.

Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

Heureusement, le point culminant du film reste l’affrontement entre Luke, son père et l’empereur. C’est le seul moment où on retrouve une partie de cette noirceur qui caractérisait The Empire Strikes Back, même si le conflit émotionnel qui anime Luke est bien moins nuancé. Il faut dire que les enjeux ont changé, sauver Darth Vador s’affirmant alors comme le but premier à atteindre pour Luke. De sa rédemption naitra la victoire en quelque sorte. Tout cela aurait certainement pu être légèrement plus compliqué, mais l’empereur est là pour simplifier les choses en réduisant les options : se joindre à lui ou mourir. À ce stade, il est surtout question de mettre un terme à l’histoire, car il ne peut y avoir réellement qu’une seule conclusion et celle-ci est déjà écrite. La dernière partie du film se joue alors de façon assez mécanique, bien qu’elle parvienne tout de même à distiller assez d’émotion pour que la tension dramatique monte au niveau idéal pour que cette grande épopée intergalactique ne se dégonfle pas à la dernière minute.

Concrètement, si on cherche à ne formuler qu’un seul reproche contre Return of the Jedi, il suffit de dire qu’il se contente de nous emmener à la conclusion naturelle de l’histoire en nous tenant un peu trop fermement la main. En soi, le film fonctionne parce qu’il nous offre une aventure colorée et dynamique qui est ponctuée par un nombre correct de retournements de situation et qui nous sert autant d’action que nécessaire pour nous faire vibrer. Le souci est que l’on pouvait espérer quelque chose d’un peu plus ambitieux pour terminer une saga aussi épique. C’est ce petit regret qui laisse aujourd’hui un léger gout amer, même si revoir le film fait toujours passer un bon moment.

Star Wars Episode VI: Return of the Jedi (1983)

Réalisateur : Richard Marquand ; Scénaristes : Lawrence Kasdan, George Lucas.
Casting : Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Billy Dee Williams, Anthony Daniels, David Prowse, Ian McDiarmid, Kenny Baker, Peter Mayhew, Frank Oz.