
Ça y est, j’ai enfin vu Watchmen, comme toujours question Blockbuster, 6 mois après tout le monde. Donc, pas besoin de raconter l’histoire vous la connaissez, et si ce n’est pas le cas, je ne peux que vous conseiller de lire la BD, Pannini l’ayant rééditée dans plusieurs formats de façon à ce qu’elle soit accessible à toutes les bourses. Une attention bien sympathique, surtout quand on voit le prix de la première édition intégrale de Delcourt que j’ai en ma possession ou pire, celle de Pannini, justement, en édition Deluxe sortie il y a quelques années (pas trop), quand ils ont récupéré le catalogue DC.
Enfin, passons, car c’est le film qui m’intéresse aujourd’hui. Approximativement 2h40 de métrage, la version longue faisant légèrement plus de 3h étant prévue dans les salles US pour cet été.
Mon principal problème avec cette adaptation, c’est justement que je connais un peu trop bien la version BD. Cela a légèrement ralenti mon immersion dans l’histoire, en particulier à cause de choix pris dans le scénario et le montage qui ne m’ont pas toujours paru judicieux.
Tout d’abord, l’intro avec la mort du Comédien n’avait pas besoin d’être si longue, mais en plus, met bien en avant l’un des plus gros défauts du film à mon gout. En gros, je trouve que la façon dont se battent les personnages est un peu over the top. À la base, la force de l’histoire est que ne sont que des hommes et femmes normaux qui mettent un costume pour se battre et faire la justice. Certes, ils sont entrainés, mais dans le film, les personnages ont une force presque surhumaine qui rend alors assez difficile l’adhésion au concept qui, de toute façon, est un peu éludé. L’histoire préférant largement se concentrer sur le Comédien. Cela résultera en une suite de flashbacks qui sont tous rassemblés presque au même moment. Je ne suis pas sûr qu’il y avait besoin de tout ça pour que le spectateur lambda saisisse quel type de pourri était ce « héros ». De plus, The Keane Act n’est pas très bien explicité, alors qu’il est à la base de ce que sont devenus les personnages, mais surtout, il montrait l’aspect litigieux des Costumes.
Il y a encore beaucoup d’autres petites choses, mais il faut bien admettre que l’ensemble réussit à être cohérent et à contenir les éléments nécessaires à la compréhension de l’intrigue et des personnages. On y perd peut-être juste un sens de lecture, la touche métaphorique d’Alan Moore qui tend à donner plus d’épaisseur à l’œuvre sur le papier, mais qui n’aurait certainement fait que compliquer la compréhension à l’écran, surtout que les années 80 sont bien loin et la conjoncture de l’époque est ignorée de beaucoup de jeunes qui n’ont pas, ou trop peu, de souvenirs de l’URSS et de tout le reste.
Dans ce sens, la seconde partie se montre bien plus attrayante, se concentrant sur l’intrigue même et non sur l’univers dans lequel elle prend place. Les personnages sont tous en mouvements, et Rorschach a droit d’être plus développé, même si là encore, j’aurais aimé plus, car c’était vraiment lui la mascotte de la BD, et sa personnalité trouble était un objet de fascination.
Côté simplification de l’histoire, la fin a été changée, mais reste la même. La forme varie, mais cela ne change finalement pas grand-chose, car ce ne sont que des éléments qui ont été remplacés par d’autres plus en adéquation avec le format et qui permet de rendre plus simple la compréhension de la décision de Manhattan à la toute fin.
Sinon, j’en oublie surement. La réalisation, par exemple. Dans l’ensemble, c’est assez irréprochable, car on évite au maximum les effets tape-à-l’œil dans les scènes d’actions, même si certains ralentis auraient pu être évités. Les décors sont sublimes, mais je trouve assez dérangeant de voir à quel point les détails ont été poussés de ce côté-là, quand on voit certains changements effectuer dans l’histoire qui se retrouve en conséquence un peu amplifiée. La sélection musicale est très bonne, mais l’utilisation dans le film est parfois abusive, pour ne pas dire intrusive. Zack Snyder a certainement voulu en caser un max pour se faire plaisir, mais il aurait pu s’abstenir à plusieurs occasions. Les acteurs sont assez bons. Le fait qu’ils n’y aient pas de grosse tête d’affiche est une bonne chose, car même si on a déjà croisé tous les acteurs, ceux si ne sont pas spécialement associés à une image qui aurait pu modifié la perception que l’on pouvait avoir des personnages. J’avais entendu du mal de Malin Akerman, mais ce n’est pas du tout justifié. À part sa coiffure et le fait qu’elle est peut-être légèrement trop jeune pour le rôle, elle ne sonne pas faux du tout.
J’en aie écrit assez long et j’oublie certainement beaucoup de choses, c’est certains (j’ai été déçu de la disparition des scooters des neiges à la fin), mais je vais m’arrêter là. Dans l’ensemble, c’est un très bon film, car son histoire de base l’est et qu’elle est respectée, donc, c’est un plus indéniable. Pour la note, j’avoue que ce n’est pas évident, je vais donc me décidé pour un A. À prendre avec en tête le fait que je ne suis peut-être pas le plus objectif qui soit avec Watchmen.
A