The Bad Mother’s Handbook (2007) (TV)

lundi 15 février 2010 à 23:06

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Résumé : Karen rêve de partir à Paris et s’apprête à passer à l’action. Seulement, sous son toit, sa mère, Nan oscille entre lucidité et moment de folie alors que sa fille Charlotte fricote inconsciemment avec un camarade. Et, ce n’est pas la peine de compter sur le père, complètement absent !

The Bad Mother’s Handbook est un téléfilm de 2007, adaptation du roman au titre éponyme et traduit chez nous Le manuel de la mauvaise mère par Kate Long. Cette dernière se trouvant au scénario avec Kate O’Riordan, on peut donc largement estimer que l’œuvre se veut fidèle au roman, au moins dans le ton et ses thématiques.

L’histoire va donc développer trois générations de femmes qui ont dû remplir le rôle de mère, vont le faire et/ou le font encore et qui, quoiqu’il advienne, est voué à l’échec.

Catherine Tate est alors Karen, rêvant de Paris, loin de ses soucis. Fatiguée de sa vie qui est la même depuis 17 ans, son monde va être bousculé quand elle va découvrir qu’elle a été adoptée. Des doutes naissent sur la place de sa propre mère dans sa vie, alors qu’elle-même l’est devenue bien jeune et a soudainement l’impression de n’avoir pu réaliser ses rêves. Ainsi, que ce soit Nan (Anne Reid), voguant entre moments de sénilité et de lucidité, ou Charlie (Holly Grainger) qui révèle qu’elle est enceinte, tout va de travers dans l’univers de Karen et les angoisses se transforment en mots qui font mal. Sous ce toit, il faut bien l’admettre, c’est la plus difficile à apprécier, ne semblant aucunement réfléchir quand elle parle et tellement borné sur ces positions qu’il n’y a réellement que Catherine Tate pour faire qu’on arrive dans certains moments à connecter avec elle. Karen n’a pas que des défauts et sait se montrer attachante, mais autant dire que la courte durée du téléfilm (1h10) empêche clairement un approfondissement de sa personnalité et ainsi, de nous la rendre véritablement attachante tout du long.

Ce qui n’est pas le cas de Nan, avec une Anne Reid qui en dit long avec juste un regard, qui crée le pincement au cœur quand elle pleure ou qui retranscrit les difficultés de l’âge sans aucunement forcer le trait ou rendre invivable cette grand-mère présente dans l’adversité. Il faut dire que pour Charlie, ce n’est pas le bonheur quand elle découvre qu’elle est enceinte du mec qui vient de la lâcher, alors qu’il n’est même pas foutu de lui provoquer un orgasme! Un loser, en somme, et c’est d’une certaine façon vers un autre loser qu’elle va se tourner, quand Daniel (Robert Pattinson), nouveau dans l’école, entre dans sa vie. Le duo est attachant et s’il est difficile de connecter à l’occasion avec Karen, il ne l’est à aucun moment avec Charlie, qui va avant tout souffrir de la position de sa mère vis-à-vis de sa grossesse plus que tout autre chose.

Enfin, si le téléfilm réussit à faire passer un sympathique moment, le tout va être desservi par un aspect technique assez pauvre et régulièrement peu inspiré. Le visuel n’est pas des plus travaillés et le montage se fait par moment trop ressentir, ce qui n’aide aucunement l’immersion dans l’histoire. La musique est par ailleurs beaucoup trop répétitive.

Si on arrive à passer outre ses défauts techniques, The Bad Mother’s Handbook brasse donc des thèmes très classiques, mais réussit à le faire de manière parfois drôle, régulièrement touchante, et servi par un trio d’actrices impeccable.

Réalisatrice : Robin Shepperd; Scénaristes : Kate Long & Kate O’Riordan
Casting : Anne Reid, Catherine Tate, Holliday Grainger, Robert Pattinson, Steve John Shepherd, Steve Pemberton