The Bourne Legacy (Jason Bourne : l’héritage – 2012)

lundi 03 décembre 2012 à 12:30

Alors que l’on aurait pu croire que la conclusion de la première trilogie Bourne mettait un terme à la franchise, il n’en est rien. Une fois de plus au scénario, Tony Gilroy poursuit son histoire et profite de l’occasion pour également passer derrière la caméra. Ce n’est donc pas quelqu’un d’extérieur qui reprend le business en main, mais ce n’est pas nécessairement la meilleure chose qui soit en fin de compte.

Côté réalisation, Gilroy n’est pas un débutant, puisqu’on lui doit déjà Michael Clayton et Duplicity. Cela dit, ici, il semble vouloir avant toute chose maintenir en place le style de Paul Greengrass. Si dans certaines limites, il parvient à en saisir l’essence, il manque tout de même de panache. Cela rend les scènes d’actions probablement plus lisibles – notamment la dernière course poursuite –, mais il manque malgré tout une énergie qui fait que l’ensemble parait par moment n’être qu’en mode automatique.

Côté scénario, il va s’amuser à reproduire la construction de The Bourne Ultimatum en essayant en même temps de faire The Bourne Identity bis. Un choix créatif plus que discutable, car si Ultimatum s’inscrivait dans la continuité de The Bourne Supremacy, The Bourne Legacy se devait d’avoir sa propre période d’exposition qui est ici totalement noyée dans une incessante alternance de points de vue qui s’efforce de connecter l’intrigue à la précédente trilogie. Un montage qui a de quoi laisser perplexe tous ceux qui n’ont pas récemment revu les précédemment films et qui vont avoir du mal à véritablement saisir tout ce qui se passe.

Avec ce premier acte complètement charcuté, il est difficile de réellement s’intéresser aux nouveaux protagonistes qui ne sont présentés que comme étant des petits pions hors de contrôle dans l’histoire. Jeremy Renner est ainsi Aaron Cross, un Bourne 2.0 sans la perte de mémoire, tandis que Rachel Weisz est le Dr Marta Shearing, un dommage collatéral comme l’était Marie, à la différence qu’elle a un rôle à jouer dans toute l’affaire dès le départ.

Aaron et Marta finissent par se retrouver ensemble et prennent la route. Le film n’étant aux deux tiers qu’une simple course-poursuite, le duo n’a pas vraiment le temps d’être développé. Gilroy se repose alors totalement sur les codes de la série pour faire le travail de développement qu’il aurait dû accomplir lui-même. Par conséquent, les protagonistes sont unidimensionnels, réduits à l’état de concepts. Cross n’a pas l’occasion d’être plus qu’une copie sans saveur de Bourne et c’est là le problème que la suite devra s’efforcer de résoudre, car balancer des bribes d’informations à l’occasion n’est pas suffisant pour que l’on s’attache à un personnage qui n’est finalement qu’un substitut sans conviction.

Du côté des méchants de l’histoire, nous avons beaucoup de parlotes, mais surtout beaucoup de vent. Si Edward Norton parvient à donner de l’énergie à cette partie du métrage, il ne réussit pas à faire disparaitre l’impression que tout ceci n’est là que pour simplement recoller les morceaux d’une mythologie en bout de course. On nous lance des idées un peu au hasard et ce qui colle semble avant tout destiné à nous préparer pour la suite. Le problème est que contrairement aux précédents films, Cross n’est pas en relation avec ceux qui veulent l’attraper et, sans cette connexion, il y a un manque de dynamisme indéniable entre les deux pans de l’histoire.

Au final, The Bourne Legacy finit par ressembler à un épisode de transition. C’est du Bourne sans substance et aux enjeux trop abstraits pour que l’on puisse se prendre au jeu. Étonnement, je serais quand même au rendez-vous pour la suite, car une fois à la fin, le film semblait enfin prêt à prendre son indépendance. Il est donc probable que le suivant délivre quelque chose de plus satisfaisant que ce 4ème épisode.

Réalisateur & Scénariste : Tony Gilroy.
Casting : Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Stacy Keach, Oscar Isaac, Donna Murphy, Corey Stoll, Joan Allen, David Strathairn, Albert Finney, Scott Glenn, Louis Ozawa Changchien, Zeljko Ivanek.