The Disney 50 : Aladdin (1992)

mercredi 05 décembre 2012 à 10:43

31e Classique Disney, Aladdin a vu le jour au cours de la période Renaissance du studio et il rencontrera bien évidemment le succès, s’inscrivant alors dans les mémoires de plusieurs générations grâce au Génie et au fameux « Ce rêve bleu » ; pour la chanson, c’est peut-être juste français, vu que dans la version originale, c’est «  A Whole New World ».

En tout cas, à l’image de Beauty and The Beast et de The Lion King, Aladdin (sorti entre les deux justement) est l’un des animés Disney qui a marqué ma jeunesse. Plus que l’histoire en elle-même, c’est le visuel d’Aladdin qui m’a toujours le plus séduit. Plus que de l’évasion, c’est un condensé d’originalité grâce au personnage du Génie et à un final avec Jafar particulièrement ambitieux et inventif. C’est sans conteste un de mes moments, si ce n’est mon passage préféré de l’œuvre. Sans oublier non plus que Jasmine a un tigre – et ça, enfant, ça me faisait étrangement rêver.

Pour créer l’histoire d’Aladdin, John Musker, Ron Clements et leurs acolytes se sont inspirés du conte des Mille et Une Nuits Aladin ou la Lampe merveilleuse, ainsi que du film Le Voleur de Bagdad (1940).

Le dessin animé se développe donc avant tout autour des thèmes de l’emprisonnement et de l’acceptation de soi. Aladdin est un jeune voleur d’Agrabah qui aimerait être mieux considéré et qui rêve de plus dans sa vie. À son image, Jasmine est une princesse qui n’a pas le droit de sortir du palais et qui doit se trouver un prince à épouser alors qu’elle souhaite voir le monde et être libre de ses mouvements. Tous deux sont donc, chacun à un opposé de l’échelle sociale, victimes du système dans lequel ils vivent, jugés sur les apparences sans que l’on ne tienne compte de ce qu’ils veulent ou sont capables. Les personnages sont les sujets de leur condition, comme le Génie qui ne peut se séparer de sa lampe ou de Jafar qui doit servir le Sultan.

Aladdin va se voir offrir la possibilité de changer qui il est grâce à la lampe magique. De là, le personnage peut réaliser ses rêves, mais cela est-il vraiment ce qu’il veut ? Car, pour y parvenir, Aladdin doit se corrompre, devenir quelqu’un d’autre. Au final, en voleur, il était plus honnête qu’en prince, où il se retrouve régulièrement à mentir et en définitive, à faire souffrir ceux qui l’entourent.

Aladdin, comme Jasmine, doit accepter qui il est réellement au lieu d’essayer d’être quelqu’un d’autre ; c’est au fond, une thématique classique des œuvres Disney et tout particulièrement à l’époque Renaissance qui est remplie de multiples variantes sur le sujet.

Au cœur du film, il y a donc un couple qui rêve « d’un Nouveau Monde »  et qui est ainsi porteur des thèmes et idéaux du métrage, plus que des personnages développés. Sans surprise alors, les deux se vont voler la vedette par ceux qui les entourent.

Doublé par Robin Williams, le Génie fait littéralement son show. Le film est d’ailleurs truffé d’éléments qui font référence à d’autres Disney, tandis que les transformations du Génie renvoie à différentes figures telles que Jack Nicholson, Arnold Schwarzenegger, Robert De Niro ou Woody Allen.

À côté de lui, Jafar est un méchant charismatique : son  apparence plus que notable, son calme, ses ambitions démesurées, sans oublier le fantastique travail (vocal) de Jonathan Freeman. Je trouve qu’il ressemble énormément à Scar, même dans l’intonation de la voix – ce qui est loin d’être un reproche, au contraire. Si Aladdin a pour compagnon le singe Abu, Jafar a Lago le perroquet, un excellent animal Disney, une bête intelligente à la hauteur de celui qu’il accompagne.

Il ne faudrait pas non plus oublier le tapis magique qui, sans ligne de dialogues, sait véhiculer bien des émotions et le Sultan, un papa pas toujours réfléchi, mais qui est bien intentionné – quand il n’est pas hypnotisé, il va de soi.

Aladdin délivre alors une aventure qui est autant rythmé par les musiques que par les scènes d’actions. Si le film aurait gagné en force avec deux héros plus développés, l’ensemble séduit aisément grâce à ses excellents personnages secondaires et multiples séquences animés drôles, énergiques et/ou fantaisistes.

Réalisateurs : Ron Clements & John Musker. Scénaristes : Ron Clements, John Musker, Ted Elliott, Terry Rossio.
Casting (vocal) : Scott Weinger, Jonathan Freeman, Robin Williams, Linda Larkin, Frank Welker, Gilbert Gottfried, Douglas Seale.

La prochaine fois : One Hundred and One Dalmatians