The Disney 50 : Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles – 1951)

mardi 30 juillet 2013 à 13:43

Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles - 1951)

Quasiment depuis les débuts, Disney voulait adapter Alice in Wonderland, mais le projet mettra beaucoup de temps à voir le jour. Il sera d’abord délaissé suite à l’adaptation de Paramount en 1933. Disney finira par y revenir quelques années plus tard, mais avec déjà deux films en développement, Alice n’avait pas la priorité. Ce sera alors après la guerre que les choses prendront vraiment forme pour finalement aboutir à ce que l’on connait et qui deviendra le 13e classique Disney.

Alice in Wonderland était à l’époque la plus grosse production de Disney, avec un budget de 3 millions de dollars, mais aussi la plus compliquée. Le portage à l’écran de l’œuvre de Lewis Carrol fut donc long et rude – donnant même le jour à une trentaine de chansons et un trop grand nombre de dessins. En bout de route, les choses furent simplifiées et aujourd’hui, il reste un film qui est visuellement intéressant, mais bourré de défauts sur un plan narratif.

Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles - 1951)

Au début du dessin animé, Alice souhaite un monde à elle où les choses n’auraient pas de sens. La gamine va donc se retrouver plongée au cœur même de ce pays des Merveilles, où la logique est absente, l’exubérance omniprésente. Il y a alors la place pour autant de comportement mesquin, drôle que tyrannique, car la disparition de l’ordre et la logique laisse la folie s’installer, entrainant forcément des dérives importantes.

Au fond, la leçon pour Alice est certainement d’accepter le fait que le monde est régi par certaines règles qui permettent ainsi son bon fonctionnement. Cela lui permet aussi de pouvoir y trouver ses marques et sa place. De même, la leçon d’histoire est ennuyante, mais elle doit l’écouter ! Du moins, c’est plus ou moins la conclusion qu’on pourrait en tirer, mais après tout, c’était juste un rêve, qui sait ce que cela signifiait vraiment ?

Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles - 1951)

En tout cas, nous avons une héroïne qui subit plus qu’elle n’agit, pour finir par se perdre. Si au départ, cela se présente donc comme un pays coloré et dépaysant, le rêve d’Alice se révèle souvent plus sombre et inquiétant que chaleureux et accueillant.

Visuellement alors, le film est étrangement réjouissant, enchainant des scènes où l’excentricité peut totalement prendre vie à travers les personnages et les images. Le jeu des couleurs reste sûrement ce qu’il y a de plus accompli. C’est coloré, fascinant et assez imaginatif. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’Alice rencontra le succès tardivement, en 1968, avec la génération hippie, pour son surréalisme et sa connexion avec la culture de la drogue – une association que Disney n’apprécia pas.

Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles - 1951)

Cependant, sur un plan scénaristique, l’histoire devient trop rapidement un simple enchainement de scènes. Alice poursuit le lapin blanc par curiosité et celui-ci réapparait sporadiquement pour mener la jeune fille d’une rencontre à une autre, jusqu’au point où elle finira par vouloir juste rentrer chez elle. Le sentiment est compréhensible, car aussi original soit le monde dans lequel elle évolue, il se révèle trop décousu, parfois peu attractif et trop souvent simpliste. Il y a rarement le temps d’insuffler une quelconque complexité, que ce soit dans les traits de caractère des personnages ou dans la situation. Cela donne l’impression d’être plusieurs petites aventures mises les unes après les autres. L’histoire ne peut pas vraiment prendre de réelle ampleur dans ces conditions et, pire que tout, Alice, malgré ses variations de taille, ne gagne pas non plus en relief.

Alice in Wonderland mérite avant tout le coup d’œil pour sa partie technique, particulièrement réjouissante. Dommage que l’histoire ne soit pas vraiment à la hauteur.

Alice in Wonderland (Alice au pays des merveilles - 1951)

Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske ; scénaristes : Winston Hibler, Ted Sears, Bill Peet, Erdman Penner, Joe Rinaldi, Milt Banta, William Cottrell, Dick Kelsey, Joe Grant, Dick Huemer, Del Connell, Tom Oreb, John Walbridge.
Casting (vocal) : Kathryn Beaumont, Ed Wynn, Jerry Colonna, Richard Haydn, Sterling Holloway, Verna Felton, J. Pat O’Malley, Bill Thompson, Heather Angel, Joseph Kearns, Larry Grey, Dink Trout, Doris Lloyd, Jimmy MacDonald.