The Disney 50 : Cinderella (Cendrillon – 1950)

jeudi 15 mars 2012 à 15:10

J’avais annoncé que mon prochain Disney serait Pinocchio. Pour des raisons techniques et une absence totale de préparation de ma part, il y a un changement de programme et c’est donc Cinderella qui est à l’honneur. Il s’agit alors du douzième classique Disney qui s’inspire du conte de fées de Charles Perrault.

Cendrillon est en tout cas la digne héritière de Snow White, même si 13 ans les séparent. Elles ont un certain nombre de points communs, comme le chant, le ménage, une sadique belle-mère et cette façon de tomber amoureuse à la vitesse de l’éclair. Pour la petite note historique, ce fut le plus gros succès de Disney depuis Snow White and the Seven Dwarfs. Apparemment, s’il n’avait pas fonctionné, le studio aurait dû mettre la clé sous la porte.

Donc, Cendrillon (Cinderella dans sa version originale, Cinderelly pour les souris) est orpheline. Malheureusement pour elle, avec les années, son père a développé de mauvais goûts pour les femmes et une fois morts, la voilà aux mains de son ignoble belle-mère. Au lieu de la mettre à la porte ou de l’envoyer dans de la famille très éloignée, elle décide de faire d’elle son esclave.

L »ignoble belle-famille de Cendrillon.

Bien entrainée, Cendrillon est donc la fée du logis et en plus, elle ne se plaint pas beaucoup. Une vraie petite merveille qui doit en plus servir ces deux demi-sœurs, forcément laides ! Disney faisait dans la finesse la plus totale à l’époque. Ainsi, si Cendrillon est belle, douce, attentionnée, et sait nettoyer le parquet, les deux autres sont repoussantes, arrogantes, se disputent  et sont de piètres artistes. Au moins, le portrait de la belle-mère se veut un peu plus pernicieux ; en somme, elle sait manipuler son monde et fait ce qu’il faut pour obtenir ce qu’elle veut – dans le cas présent, empêcher autant qu’elle puisse que Cendrillon soit heureuse.

Le long-métrage dépeint en grande partie l’existence de son héroïne dans cette demeure et, malgré l’incapacité de Cendrillon de s’affirmer, de simplement fuir et aller chercher du travail alors pour totalement s’émanciper, il faut lui reconnaître une certaine force de caractère pour supporter continuellement sa belle-famille qui la méprise. Les insultes semblent totalement lui passer dessus, ce qui est quand même remarquable. Cela ne suscite ni désespoir, ni colère.

En fait, Cendrillon ne s’effondre qu’à un seul moment : quand sa belle-mère réussit à l’empêcher d’aller au bal organisé pour le Prince. Du côté du palais, le Roi est désespéré de voir son fils se reproduire … Euh, enfin, disons qu’il veut qu’il se trouve une épouse, car il veut des petits-enfants. C’est son devoir de fils d’assurer la succession, disons-le clairement.

Cendrillon allie plaisir et travail : nettoyage de la maison et chant.

Quoi qu’il en soit, Cendrillon rêve du bal et vous le savez, elle ira grâce à la Fairy Godmother, sortie des larmes de notre héroïne et qui est assez joyeuse. Le conte de fées peut donc commencer pour la jeune femme qui va rencontrer le Prince et tomber sous son charme aussi vite qu’il s’éprend d’elle. L’amour au premier regard, avec quelques danses en prime, mais pas le temps de s’échanger un nom. Genre, ce n’est certainement pas la première chose qu’il aurait dû lui demander en la rencontrant …

L’iconographie majeure du film se situe vraiment dans la dernière partie de l’œuvre qui ne dure que 1h11. Avec sa belle robe, la citrouille transformée en calèche et le fameux soulier en verre, Cendrillon vend un rêve. Étrangement, les chansons nous disent de ne pas baisser les bras, car notre rêve se réalisera un jour ; dans le cas présent, c’est quand même assez limité. Celui de Cendrillon était-il alors de passer d’une belle-mère acariâtre à celui d’épouse d’un prince ? Certes, la vie est plus belle, mais elle reste en définitive sujet plus que maitresse totale de son destin. Enfin, n’allons pas rechigner, c’est quand même la belle vie en définitive !

À noter que dans son ascension sociale, Cendrillon emmène tous ses amis animaux. Sur ce plan-là, les souris ou encore Lucifer le chat ne sont pas en reste durant toute la durée de l’œuvre qui leur offre de très bonnes scènes.

Lucifer vient d’apercevoir Gus la souris.

Comme tout Disney remastérisé, le travail effectué sur le film est de qualité et si l’animation n’est pas à son sommet (ce fut un choc quand je l’ai revu il y a des années de cela), l’ensemble a un certain cachet – le genre qu’on attribue aux films qui ont de la bouteille.

Par contre, Cendrillon est, malgré un temps de visionnage court, assez lourd pour la tête. En fait, il est musicalement éprouvant, car c’est omniprésent. J’imagine qu’il y a des moments de répit, mais ils sont peu et cela est fatigant, surtout qu’on joue régulièrement dans un registre aigu. C’est clairement le défaut majeur de l’œuvre.

Cendrillon est sans aucun doute l’une des histoires d’amour les plus emblématiques du cinéma. Le schéma a été maintes fois repris, copié, modifié, parodié, etc.  L’idée repose sur le concept simple que l’amour existe – même du point de vue masculin – et qu’il ne faut pas perdre espoir. C’est mignon et sans moments sombres, mais cela a pris un coup de vieux violent dans le portrait de ses personnages, leurs motivations et sa musique assommante est un frein non négligeable à l’appréciation globale de l’œuvre au cours du visionnage.

Réalisateurs : Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wilfred Jackson ; scénaristes : Ken Anderson, Perce Pearce, Homer Brightman, Winston Hibler, Bill Peet, Erdman Penner, Harry Reeves, Joe Rinaldi, Ted Sears.
Casting : Betty Lou Gerson, Ilene Woods, Eleanor Audley, Luis Van Rooten, Jimmy MacDonald, William Phipps, Lucille Bliss, Rhoda Williams, Verna Felton, Don Barclay, June Foray.

La prochaine fois : L’histoire de la vie avec The Lion King.