The Disney 50 : Dumbo (1941)

mercredi 10 juillet 2013 à 12:04

The Disney 50 : Dumbo (1941)

Suite aux échecs de Pinocchio et Fantasia, Disney développa Dumbo, son 4e classique, dans le but de générer de l’argent.  Début 1941, le réalisateur Ben Sharpsteen reçut l’ordre de faire le film le moins coûteux possible. Si les prédécesseurs relevaient donc des défis techniques évidents, le style de Dumbo est naturellement plus épuré, voire dépourvu d’un maximum de détail. Cela n’enlèvera strictement rien à l’éléphant, ou aux hallucinations de Dumbo et de son ami, une scène aujourd’hui plus que connue.

Cela fut aussi responsable de la longueur de l’animé, Dumbo étant le plus court des animés du studio, dû au fait que la production fut accélérée (Walt Disney pensait initialement faire un court) ; sa durée permettait aussi de le diffuser plus souvent – et ainsi de gagner plus d’argent.

The Disney 50 : Dumbo (1941)

Cela a un impact sur le développement général du film qui, il est clair, aurait pu être plus poussé. Pour autant, et avec un éléphant central qui ne prononce pas un mot, Dumbo est très fluide, bien que ne poussant pas ses thématiques dans les profondeurs. Ce n’est peut être pas plus mal, car avec Pinocchio, c’est un des Disney qui m’a le plus traumatisée enfant – même s’il a bien entendu une fin heureuse.

Dumbo, c’est donc l’histoire d’un éléphant différent : il a de très grandes oreilles. Dès son plus jeune âge, il va être confronté à la mesquinerie des autres, avant tous ceux de sa propre espèce, représentée par un petit groupe d’éléphantes commères et abjectes. Le monde du cirque dans lequel il évolue est rude et sans pitié, et il n’a alors – temporairement – que sa mère pour le protéger, puis Timothy Mouse, une souris pour l’aider.

Le long-métrage est donc assez impitoyable quand il s’agit de dépeindre la méchanceté d’autrui face à la différence ou ses actions lorsqu’il ne comprend pas ce à quoi il fait face. Entre abus verbaux et exploitation, Dumbo est une créature sans défense et isolée qui finit littéralement par être employée pour faire rire les autres à ses dépens.

The Disney 50 : Dumbo (1941)

L’éléphant n’a pour lui que ses grandes oreilles et, bien entendu, ce qui est responsable de son malheur sera à l’origine de son bonheur. Le message est simple : notre plus grand atout est ce qui nous différencie. Dans le cas de Dumbo, il fallait qu’il trouve un moyen de bien utiliser ses oreilles, ce qui arrivera grâce à Timothy et une bande de corbeaux, d’abord moqueuse, mais qui apportera son aide après avoir découvert la triste histoire de Dumbo. Il s’agit là du seul groupe dépeint sous un aspect positif à l’arrivée.

Dumbo est un film assez sombre sur un plan visuel qui fait écho aux thématiques de l’œuvre. S’il n’est pas aussi impressionnant que les Disney qui le précèdent, sans conteste, l’équipe a misé sur le plan émotif pour compenser les détails techniques. De ce fait, la relation entre Dumbo et sa mère est particulièrement forte et exacerbée, mais elle fonctionne très bien, prenant corps à l’aide des échanges purement physiques entre les deux éléphants. Le naturel enjoué de Timothy, aux intentions pures, offre des notes d’espoir dans un long-métrage noir qui ne fournit véritablement de notes positives qu’à la fin.

The Disney 50 : Dumbo (1941)

À noter que le studio fut touché par une grève qui dura 5 mois au cours de la production du film qui mit un terme à l’atmosphère de camaraderie qui régnait. Dumbo fait directement référence à cet évènement avec la bande de clowns qui veut réclamer une augmentation à leur patron. On doit pouvoir construire de toute façon un certain nombre de parallèles dans le film avec Disney, au-delà de cette scène.

Au final, Dumbo est une œuvre qui est bien trop courte et avec un scénario trop simpliste pour retranscrire totalement la complexité de ses thématiques ; malgré cela, il faut reconnaitre au film, s’il a tendance à être très dramatique dans son approche, de réussir de cette façon à illustrer son sujet. Quoi qu’il arrive, il restera à tout jamais à mes yeux ce dessin animé particulièrement déroutant que j’ai vu enfant – un sentiment plus que difficile à oublier.

The Disney 50 : Dumbo (1941)

Réalisateurs : Ben Sharpsteen (superviseur), Norman Ferguson, Wilfred Jackson, William « Bill » Roberts, Jack Kinney, Samuel Armstrong (séquence) ; histoire de Otto Englander, Joe Grant et Dick Huemer.
Casting (vocal) : Edward Brophy, Herman Bing, Margaret Wright, Sterling Holloway, Cliff Edwards.