The Disney 50 : Fantasia (1940)

jeudi 18 octobre 2012 à 9:32

Dans l’imaginaire collectif, Fantasia est associé à Mickey Mouse dans la peau de L’Apprenti sorcier. Rien n’est plus inexact pour définir ce troisième Classique Disney que cette image si mythique, peu représentative de ce qu’à a offrir l’œuvre dans son ensemble.

Il ne faudrait sûrement pas pour autant diminuer l’importance qu’a jouée la Souris dans le développement de Fantasia. Originellement, « L’Apprenti Sorcier » était un court métrage développé pour le comeback de Mickey Mouse qui perdait en popularité à l’époque. Seulement, plus le temps passait et plus les coûts de production augmentaient ; Disney décida alors d’inclure ce segment dans un long-métrage qui en comprendrait d’autres.

Fantasia est donc un film expérimental, sans dialogues, sauf entre les différents morceaux quand intervient le chef d’orchestre (et Mickey à un moment). Le but est d’illustrer des morceaux de musiques classiques, interprétés par l’orchestre de Philadelphie sous la direction de Leopold Stokowski.

Fantasia est une association forte entre deux formes d’arts, l’image et le son, voire de trois formes d’art, avec la danse. Cette dernière occupe une place de choix dans le long-métrage, avec le très joli segment « Casse-Noisette », de Piotr Ilitch Tchaïkovski, qui retrace les saisons et délivre une très belle palette de couleurs,  ainsi que « la Danse des heures », ballet tiré de l’opéra La Gioconda d’Amilcare Ponchielli ; le second est une pure réussite, avec une dose d’humour, un excellent sens du rythme et une orchestration touchante et parfaite.

Avec ce long-métrage, Disney voulait donc faire quelque chose de différent, ce qui a poussé les artistes à surpasser les limites de l’époque, et pas que dans le domaine visuel. Ainsi, le système Fantasound, avec une diffusion sur cinq canaux pour la première fois au cinéma, a été spécialement développé pour les besoins de l’œuvre. Celle-ci s’ouvre sur une séquence qui tend à mettre plus que les autres en valeur cette prouesse, via « Toccata et fugue en Ré Mineur » qui fournit un visuel abstrait à tendance psychédélique.

Il y avait donc derrière Fantasia la volonté de donner le jour à une œuvre d’art, à une expérience unique qui traverse alors les années grâce à cette approche innovante du mélange des arts. Le film est en lui-même une parfaite illustration de la magie Walt Disney avec cette volonté constante d’évolution technique, la recherche de nouvelles approches, une volonté de dépasser les codes et  la forme de base du dessin animé. Pour cette raison peut-être, Mickey avec « L’apprenti Sorcier » est un segment aussi réussi qu’il parait assez peu à sa place – avec une animation qui se distingue trop de l’ensemble. Cela complique sans doute l’enchainement avec « Le Sacre du printemps » d’Igor Stravinski où nous revisitons la naissance de la Terre et de la vie, avec les dinosaures et que j’ai trouvé ennuyeux.

S’il fallait lier les différents segments de Fantasia entre eux, ce serait plus par le concept et l’accomplissement du travail de Disney que par des thématiques. Les multiples séquences accrochent de façon variable, chacune étant alors une expérience différente. À noter d’ailleurs que le long-métrage se déroule comme un spectacle, avec une entracte au milieu.

La musique et les images de Fantasia suscitent encore en tout cas beaucoup d’émotions et le film reste une expérience unique en son genre.

Réalisateurs : James Algar, Samuel Armstrong, Ford Beebe Jr., Norman Ferguson, Jim Handley, T. Hee, Wilfred Jackson, Hamilton Luske, Bill Roberts, Paul Satterfield, Ben Sharpsteen.
Scénaristes : Joe Grant, Dick Huemer, Lee Blair, Elmer Plummer, Phil Dike, Sylvia Moberly-Holland, Norman Wright, Albert Heath, Bianca Majolie, Graham Heid, Perce Pearce, Carl Fallberg, William Martin, Leo Thiele, Robert Sterner, John McLeish, Otto Englander, Webb Smith, Erdman Penner, Joseph Sabo, Bill Peet, Vernon Stallings, Campbell Grant, Arthur Heinemann.

La prochaine fois : Aladdin