The Disney 50 : Lady and the Tramp (La Belle et le Clochard – 1955)

mercredi 01 février 2012 à 14:00

En ce début de mois de février, Disney sort une nouvelle édition de La Belle et le Clochard en DVD ainsi qu’un Blu-ray, tandis que le film débarque pour la première fois sur Critictoo Cinema.

Retour alors en 1955 avec le 15e classique des Studios Disney. Du haut de ses 1h15, Lady and the Tramp est un film qui traverse joliment le temps grâce à une mignonne romance qui va au-delà des classes sociales et des personnages secondaires caricaturaux, mais au charme canin indéniable.

Peg: What a dog!

Tout commence avec l’arrivée de Lady, un cocker spaniel, dans la demeure de Jim Dear et Darling. Petit chiot, elle prend donc sa place dans la maison et attire tout l’amour de ses propriétaires. Lady est épanouie dans son beau quartier, et peut aussi rendre visite à ses deux voisins, Jock, un terrier écossais, et Trusty (César en VF), un chien de Saint-Hubert.

Seulement, l’univers de Lady va temporairement être mis en péril par l’arrivée d’un bébé. Soudainement, on ne s’occupe plus autant d’elle, on la délaisse même et on la traite avec moins de respect. Malgré cela, Jim Dear et Darling restent des êtres humains plutôt aimants et bien dépeints. Le récit étant court, leurs portraits ne sont, à l’image de quasiment tout le monde (chiens compris), pas très fouillés, mais ils sont les seuls à deux jambes à être finalement réellement bons. On ne peut pas dire que celui qui ramasse les chiens dans la rue soit foncièrement mauvais, mais il n’a pas non plus un bon rôle. De toute façon, il n’est qu’une excuse scénaristique.

C’est une autre histoire pour la fameuse tante Sarah, qui n’aime clairement pas les chiens. Pour pousser le vice encore plus loin, c’est l’heureuse propriétaire de deux Siamois assez machiavéliques qui vont en faire connaître des dures à Lady. Dear Jim et Darling ne devaient pas être si proches de leur tante que cela pour lui confier les clés de la maison, le bébé pour quelques jours et Lady en la laissant emmener ses chats et lui laisser croire qu’elle avait le droit de mettre une muselière à la chienne. J’avoue, cela m’échappe un peu, mais soyons honnête, le film n’a pas un scénario des plus fouillés non plus. Au final, tante Sarah n’est à l’évidence pas une lumière vu comment ses chats la manipule.

En tout cas, c’est cet évènement qui entrainera Lady dans la rue et loin des beaux quartiers, là où nous avons déjà eu un petit aperçu avec The Tramp (Clochard), chien errant séducteur de ses dames. Pour qu’il se calme, il suffit juste qu’il rencontre la bonne et il s’agit donc de Lady, qu’il va aider et tenter de convertir à une vie d’aventures, loin d’un propriétaire. Disney ne fait pas campagne pour le chien errant, cet angle d’approche est là plus pour illustrer une certaine marginalisation des chiens sans propriétaires et/ou qui sont pauvres. The Tramp se nourrit en tout cas pas mal sur la bonté des commerçants du coin, tout particulièrement de l’Italien qui nous donnera alors la classique scène du plat de spaghettis qui fut maintes fois parodiée – même dans la suite direct en DVD de La Belle et Le Clochard (qui est, ma foi, plutôt convenable en terme de qualité). Il finit de toute façon avec son beau collier autour du cou, car il a trouvé l’amour et que ce n’est pas si mal d’avoir Jim Dear et Darling en propriétaires !

La romance canine que nous développe Lady and The Tramp est à l’image de la durée de ce long-métrage : plutôt rapide. Ma foi, je n’y connais pas grand-chose en rapport animalier, et peut-être que The Tramp a un faible pour les cockers spaniel, qu’en sais-je !

Le récit est en tout cas très linéaire : l’introduction de Lady, le collier, l’arrivée du bébé et la rencontre avec the Tramp, l’intervention de tante Sarah, le muselage, le passage dans les rues, etc. Le temps imparti laisse assez peu de place à de potentiels approfondissements. Les personnages sont assez unidimensionnels, l’histoire jouant alors entre leurs caractéristiques canines dans lesquels un brin de comportements humains est glissé ; sur ce plan-là, la scène à la fourrière est ma préférée – et musicalement réussie.

Bien entendu, malgré une réputation de coureurs et le fait qu’il soit un chien des rues, The Tramp aime Lady et il est loin d’être un mauvais chien. Il va donc prouver réellement ce qu’il vaut et faire réviser aux autres le jugement hâtif qu’ils avaient pu porter sur lui. Derrière les apparences se cache donc un être qui vaut bien plus que sa situation ne peut le laisser supposer. Voilà donc une conclusion très Disney, en accord parfait avec les thématiques classiques de la souris.

La noirceur qu’on peut parfois trouver chez de vieux Disney n’est pas trop présente ici. Contrairement à mes souvenirs, la musique, quoi qu’un peu viellotte par moment, se révèle de qualité et rappelle assez bien l’année à laquelle est sorti le film. L’animation manque par moment d’une certaine finesse, surtout avec les êtres humains. D’un point de vue de réalisation, la bonne idée est clairement d’avoir adopté avant tout l’angle de vue des animaux, ce qui fait que les propriétaires ou autres figures humaines sont souvent distantes ou pas entièrement dans le champ de vision.

Lady and The Tramp est avant tout une mignonne petite histoire. Cela manque un peu de profondeur ou de complexité, mais l’histoire se laisse suivre avec un certain plaisir.

Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson, Hamilton Luske ; scénaristes : Erdman Penner, Joe Rinaldi, Ralph Wright, Don DaGradi, d’après une histoire de Joe Grant, basé sur le livre de Ward Greene.
Casting (vocal) : Peggy Lee, Barbara Luddy, Larry Roberts, Bill Thompson, Bill Baucom, George Givot, Lee Millar, Verna Felton,  Stan Freberg.

La prochaine fois : Home on the Range.