The Disney 50 : Peter Pan (1953)

vendredi 13 septembre 2013 à 13:24

Peter Pan (1953)

Juste après Alice in Wonderland, Disney poursuit avec une adaptation d’une œuvre britannique – cette fois-ci d’une pièce signée J. M. Barrie – avec Peter Pan. D’ailleurs, à l’image du précédent dessin animé, ce ne sera pas tâche aisée, surtout que Walt Disney est, depuis le début des années 1950, plutôt distant, ayant l’esprit occupé par un certain parc d’attractions et le développement d’autres films.

Cela n’empêchera certainement pas Peter Pan de devenir un classique du studio qui, après l’approche plus psychédélique d’Alice, délivre ici des images colorées à la nature plus féerique. Les plans au-dessus de Londres ou du Pays imaginaire aident sans conteste à emporter dans l’univers de Peter Pan.

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Scénaristiquement parlant, cependant, Peter Pan souffre justement d’un problème similaire à Alice avec un personnage principal qui n’est pas très aimable – et peu sympathique tout simplement. Ce dernier est donc présenté comme un être qui refuse de grandir, avec un comportement plus qu’immature qui peut être sûrement légitimé ainsi, mais qui fait du mal à l’histoire.

En effet, que ce soit dans la façon de traiter ses proches ou ses confrontations avec le Capitaine Crochet, Peter Pan empêche au final l’intrigue de bénéficier de moments inquiétants, dangereux ou émouvants. Crochet ressort la plupart du temps comme un incompétent et inspire plus de la pitié que de la crainte, Pan le ridiculisant trop pour en faire une véritable menace. Il est avant tout iconique sur un plan graphique. Wendy est plus ou moins celle en charge de fournir au long-métrage plus de gravité et d’émotion – ce qu’elle réussit avec un certain aplomb.

Peter Pan (1953)

Les enfants Darling – à savoir Wendy, George et Michael – quittent donc leur maison de Bloomsbury pour rejoindre Neverland, le Pays imaginaire de Peter Pan, avec la Fée Clochette ; ils rencontreront là-bas les enfants perdus, un capitaine Crochet déterminé, un crocodile affamé, des sirènes superficielles et des Indiens caricaturaux.

Le film présente tout d’abord avec les Darling une famille unie et solide, avec un père qui gronde, mais finit toujours par revenir sur ses paroles et une figure maternelle quasiment vénérée. Les adultes occupent une place dans l’univers de leur enfant, leur assurant une forme de sécurité et de l’affection – tout particulièrement en ce qui concerne la mère, point central de l’œuvre. Le Pays imaginaire est quant à lui surtout un monde de jeu, malgré la présence du Capitaine Crochet. Les garçons s’amusent avec les Indiens – qui sont stéréotypés d’un bout à l’autre, et reflète sûrement la vision de l’époque.

Peter Pan (1953)

Avec Peter Pan, on peut aussi définitivement s’interroger sur ce que le film a cherché à dire avec les multiples représentations de ses personnages féminins ; les sous-entendus sentimentaux et sexuels sont très présents pour une œuvre qui met en avant cette volonté de ne pas grandir. Peter Pan suscite l’attention de toutes les demoiselles, prête à se montrer particulièrement mesquine avec Wendy par pure jalousie, cette dernière étant la seule à ne pas trop tomber dans de mauvaises actions même si elle expérimente aussi la jalousie. C’est une étape importante pour la jeune fille qui comprend d’ailleurs qu’elle doit rentrer chez elle. Wendy endosse aussi le rôle de la mère à Neverland, ce qui l’entraine forcément, à la différence de ses frères, à prendre des décisions et, bien qu’elle compte sur Peter Pan, à être plus qu’une fille éperdue. L’idée au final est surtout qu’elle est prête à grandir ; les enfants perdus ne le sont pas et trouvent alors encore refuge dans le monde de Peter Pan qu’on peut voir comme une sorte de métaphore au monde enfant qu’ils quitteront quand ils en auront envie.

Peter Pan n’est pas un film inintéressant et autour duquel naissent de multiples réflexions. Cependant, son héros et Tinker Bell sont bien trop mesquins à mon goût et avec un méchant qui n’est pris réellement au sérieux que dans le dernier acte (et encore), l’ensemble peine à délivrer des moments d’envergure ou accrocheur. La magie n’était pas franchement au rendez-vous au visionnage de ce 14e classique Disney.

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Réalisateurs : Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske ; scénaristes : Milt Banta, William Cottrell, Winston Hibler, Bill Peet, Erdman Penner, Joe Rinaldi, Ted Sears et Ralph Wright.
Casting (vocal) : Bobby Driscoll, Kathryn Beaumont, Hans Conried, Paul Collins et Tommy Luske.