The Disney 50 : Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant – 1959)

mercredi 04 juillet 2012 à 10:15

La Belle au bois dormant de Disney

En 1959, Disney sort son 16e classique qui est Sleeping Beauty aka La belle au bois dormant. Le succès n’est pas au rendez-vous, ne réussissant à rapporter que la moitié de ce qu’il a coûté et le studio frôle la banqueroute.

Aujourd’hui, Sleeping Beauty est un film que je qualifierais de plus iconographique, dans le sens où on évoque rarement son histoire, et il y a une bonne raison à cela : elle est creuse.

Tout commence donc alors qu’Aurora vient de voir le jour. Le royaume fête la naissance de la princesse et il y a même une petite party pour l’occasion. Trois bonnes fées, Flora, Fauna et Merryweather, apparaissent pour faire chacune un don à la nouvelle née, mais avant que la troisième puisse passer à l’acte, Maleficient fait son apparition. Elle va alors maudire le bébé. Avant ses 16 ans, elle se piquera le doigt au fuseau d’un rouet, et en mourra. Il reste donc une fée, la fameuse Blue Fairy, pour changer un peu la donne. Elle conjure le mauvais sort du mieux qu’elle peut et au lieu de mourir, la princesse plongera dans un sommeil dont elle ne pourra sortir que grâce au baiser du prince charmant.


Malefique et son corbeau dans Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant – 1959)

Malefique dans Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant – 1959)

Pourquoi Maleficient agit ainsi ? Elle n’a pas été invitée à la party ! Plus sérieusement, il y a plus que cela qui la motive à vouloir gâcher l’existence de la princesse, mais à l’image de beaucoup de choses dans le film, cela ne sera pas développé. On se contente du minimum syndical ici, installant une situation sans vraiment se donner la peine d’étoffer quoi que ce soit.

Dans le cas de Maleficient, ce n’est pas trop gênant. Si aujourd’hui, elle a le droit à son propre film, c’est qu’elle vole la vedette à quasiment tout le monde. Les fées, qui sont les véritables héroïnes de Sleeping Beauty, sont trop gentilles et franchement superficielles, tandis que la princesse se doit juste d’être belle et de bien chanter. Le film ne prend aucunement le temps de réellement s’intéresser à elle, Aurora se contente alors de rêver d’amour. À l’opposée, Maleficient est une méchante à l’apparence notable, qui évolue dans des décors gothiques et fantaisistes comme les créatures qui sont à son service l’illustrent. Le travail d’Eyvind Earle, responsable des décors, des couleurs et du style graphique, aide en partie le long-métrage à se distinguer. Et, la voix d’Eleanor Audley ajoute de la prestance.

Elle est malheureusement peu aidée par le scénario. Si elle échoue à piéger Aurora plus tôt dans l’histoire, c’est juste parce qu’elle emploie des incompétents et qui, 15 ans plus tard, recherchait toujours un bébé ! C’est juste ridicule …

Aurora se trouve en fait dans un petit cottage dans la forêt, en compagnie des trois fées qui l’ont élevé dans le but de la protéger jusqu’à ses 16 ans. C’est là qu’elle va rencontrer le Prince Philip et s’éprendre de lui. Elle ne sait pas qui il est, et il ne sait pas non plus qui elle est. Le quiproquo n’est pas mauvais, mais cela ne fait pas oublier qu’Aurora est une héroïne particulièrement passive et qui souffre clairement de problèmes psychologiques importants à cause de son isolement social. Elle s’éprend du premier venu et quand les fées lui révèlent qui elle est réellement, elle ne s’effondre pas car on lui a menti toute sa vie, mais parce qu’elle ne pourra finir ses jours avec l’homme qu’elle vient de rencontrer.

Si Sleeping Beauty n’offre pas une princesse intéressante, son prétendant a plus de lignes de dialogues qu’elle et il fera preuve d’une vraie personnalité. Il incarne la modernité, déclarant à son père que c’est le XIVe siècle et qu’il peut épouser quelqu’un par amour, quitte à briser une alliance de mariage ! Si cela, ce n’est pas faire preuve de caractère, je ne sais pas ce que c’est. Son père est justement un boute-en-train qui me rappelle énormément celui du prince de Cinderella. Les échanges parentaux sont d’ailleurs là pour détendre l’atmosphère.

Le Prince Philip affronte Maleficient dans Sleeping Beauty (La Belle au bois dormant – 1959)

Quoi qu’il en soit, le prince est bien plus présent dans le récit, et il devra agir pour vaincre la malédiction. À l’image de Maleficient, son rôle est amoindri par les rouages d’un scénario qui ne jouent pas en sa faveur. En effet, si Maleficient parvient à accomplir sa prédiction, Philip ne réussit quant à lui qu’à s’opposer à elle grâce à l’intervention des fées. Elle le libère, lui sauve la vie, lui donne les armes pour affronter la méchante. C’est un enchainement de facilités scénaristiques assez désagréable. Il est certes prêt à y aller pour réveiller celle qu’il aime, mais son acte d’héroïsme est amoindri par la magie qui l’entoure. C’est encore plus dommage quand on a en face une adversaire qui se transforme en dragon – ce qui est plutôt cool et qui mériterait alors une fin plus épique, malgré une scène de combat qui est visuellement réussie.

Sleeping Beauty est un film qui se montre assez superficiel. Les fées incarnent parfaitement cet esprit, avec Flora et Merryweather se bataillant pour la couleur de la robe d’Aurora (rose ou bleu !). La princesse n’a aucun développement digne de ce nom et l’ensemble est sauvé par un prince un peu plus charmant qu’à l’accoutumée et une méchante qui en impose. Le film possède quelques éléments visuels intéressants, et surtout, une partition musicale signée George Burns et interprété par Berlin Symphony Orchestra qui vient régulièrement donner un rythme incroyable à une histoire qui est assez plate.

Réalisateurs : Clyde Geronimi, Les Clark, Eric Larson, Wolfgang Reitherman. Scénaristes : Erdman Penner, Joe Rinaldi, Winston Hibler, Bill Peet, Ted Sears, Ralph Wright, Milt Banta.
Casting (vocal) : Mary Costa, Eleanor Audley, Verna Felton, Barbara Luddy, Barbara Jo Allen, Bill Shirley, Taylor Holmes, Bill Thompson.

La prochaine fois : The Many Adventures of Winnie the Pooh