The Disney 50 : The Lion King (Le Roi Lion – 1994)

samedi 03 mars 2012 à 16:02

En 1994 sort The Lion King, 32e classique Disney qui arrive là à son apogée. Qu’importe ce qui a pu se passer après, à l’heure actuelle, le studio n’a jamais réussi à ré-atteindre l’accomplissement réalisé par ce long-métrage – Pixar ayant finalement pris le relai.

The Lion King est, comme on le dit souvent en chantant, l’histoire de la vie – The Circle of Life, dans sa version originale. Aucune autre phrase ne synthétise mieux que celle-ci de quoi traite le film, et c’est sûrement cette dimension humaine qui l’aide à se doter par moment d’un véritable souffle épique. Si, un peu plus tôt, Beauty and The Beast avait exploré des thématiques profondes orientées sur la différence, la peur, la tolérance et la véritable beauté intérieure, Le Roi Lion va beaucoup plus loin en construisant toute son histoire sur le simple voyage de la vie : la découverte, l’apprentissage, la peur, prendre ses responsabilités, se relever et tout simplement recommencer. Difficile de faire plus puissant et plus poétique en la matière.

Le film commence par la naissance de Simba, fils de Mufasa, le roi lion qui règne sur bien des territoires, sauf là où se trouve les hyènes, espèces ennemies.

Les débuts sont là pour imposer Mufasa, un roi noble et respectueux qui prend autant qu’il donne à la terre qu’il domine pour permettre que les choses se perpétuent. À la fois sage et autoritaire, le père de Simba est la figure paternelle dans toute sa splendeur, vénérée, voire presque idéalisée, capable de faire peur, mais aussi de véhiculer son amour. C’est donc le portrait d’un leader parfait, respectueux et avec une vision, qui est installé avant qu’elle ne vole en éclats, détruite par la jalousie de Scar, son frère.

La mort de Mufasa est l’un de moments les plus émouvants et cruels du film, qui a aussi installé Scar en adversaire particulièrement vil et manipulateur. Avec ce revisionnage dans le désordre des films  Disney, s’il y a bien une chose qui frappe, c’est l’évolution autour de la dimension des protagonistes qui, à force de progression dans le temps, gagnent en épaisseur. Si ce que veut Scar est simple, ce sont ses motivations qui font de lui un personnage d’une certaine manière assez tragique, mais aussi puissant. Il n’est pas bien difficile de le comprendre et de par ce fait, l’histoire impose obligatoirement une ambigüité morale bienvenue. Certes, Scar reste le méchant, mais quand on grandit, il apparaît comme une créature à l’âme blessée qui a vécu continuellement dans l’ombre de son frère et qui n’a jamais réussi, même une fois que ce dernier est mort, à surmonter cela. Par ailleurs, Jeremy Irons qui prête sa voix au personnage, est vraiment excellent

Si The Lion King délivre alors de la tragédie, le film n’est pas avare en humour dès ces débuts – avec Zazu par exemple ou de façon un peu facile, avec les hyènes. Mais, sur ce plan-là, ce sera la rencontre avec le fameux duo Timon et Pumbaa qui s’imposera – avec Hakuna Matata. La plupart des blagues fonctionnent encore très bien, ne serait-ce parce qu’elle repose avant tout sur un excellent timing comique entre les deux avec des échanges terriblement efficaces. Ils instaurent une bonne humeur indéniable.

La mélancolie reste tout de même présente, car même en leur compagnie, Simba n’a pas oublié son passé, il s’est simplement contenté de le fuir. Sa rencontre avec Nala, adulte, le poussera à assumer ses erreurs et reprendre ce qui lui revient de droit. Bien entendu, nous avons une escapade amoureuse, mais j’ai toujours apprécié que le film réussisse à approcher la romance en la laissant au second plan. Le Roi Lion est avant tout la relation entre un père et son fils et son héritage.

Au final, Simba finit donc par se confronter à son passé et surtout à son oncle pour embrasser son véritable destin. Narrativement parlant, le récit forme un cercle, la conclusion nous ramenant au début du film. Cela parait on ne peut plus basique comme procédé, mais il était difficile de faire mieux en la matière au vu du sujet du film.

Visuellement parlant, il n’y a pas grand-chose à dire de The Lion King qui profite très bien des multiples évolutions technologiques pour délivrer des couleurs rougeoyantes et une animation particulièrement fluide. À ce stade, on n’en attend pas moins de toute façon. Pour compléter, le long-métrage possède une bande originale dès plus marquantes qui expliquent sans aucun doute son succès. Difficile de dire aujourd’hui le titre du film sans avoir quelqu’un qui pousse la chansonnette ou avoir un air dans la tête.

The Lion King est donc une réussite d’un bout à l’autre, que ce soit dans sa narration, sa mise en scène, ou son ambiance musicale. À noter qu’il s’agissait du premier de la liste à être une histoire originale (et non tirée d’un travail existant). Tous ces éléments donnent naissance à une œuvre d’envergure capable de faire rire et d’émouvoir et qui possède une réelle grandeur. Le film mérite sans conteste sa place au panthéon des œuvres majeures du Studio Disney.

Réalisateurs : Roger Allers & Rob Minkoff ; scénaristes : Irene Mecchi, Jonathan Roberts & Linda Woolverton.
Casting (vocal) : Matthew Broderick, Jeremy Irons, James Earl Jones, Jonathan Taylor Thomas, Moira Kelly, Nathan Lane, Ernie Sabella, Rowan Atkinson, Robert Guillaume, Madge Sinclair, Whoopi Goldberg, Cheech Marin, Jim Cummings.

La prochaine fois : The Black Cauldron.