The Girl with the Dragon Tattoo (Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – 2011)

samedi 04 février 2012 à 13:00

Tout d’abord, je n’ai pas lu les livres de Stieg Larsson, ni vu les premières adaptations suédoises. C’est à peine si je savais de quoi parler The Girl with the Dragon Tattoo avant de le regarder.

C’est donc sans attente particulière que j’ai découvert ce long métrage, enfin, ce n’est pas totalement vrai, puisque c’est David Fincher à la réalisation, j’espérais tout de même dès le départ que ce soit un bon film – et je n’ai pas été déçu sur ce point.

Découverte donc, et après une scène sans aucun sens à ce stade, nous avons le droit à un générique un peu tordu, mais de toute beauté. Ensuite, c’est la rencontre avec Mikael Blomkvist en Suède. Car au lieu de transposer l’histoire aux États-Unis, Fincher a fait comme le Wallander avec Kenneth Branagh et il s’est rendu dans le pays d’origine pour y conserver la géographie et, surtout, les décors. Cela dit, il a pris également une décision artistique que je trouve discutable, puisque nous avons des acteurs anglais/américains/… qui parlent anglais avec un accent suédois. Enfin, pas tous nécessairement au même niveau. Daniel Craig réduit certes son accent britannique, mais ne force pas trop sur le suédois pour autant. Cela fait plutôt étrange par moment et je ne suis pas convaincu de la pertinence de ce choix.

Passons, étant donné que Mikael est dans la mouise et reçoit une offre qu’il peut difficilement refuser, ce qui le pousse à se rendre dans le nord, où il neige dur et où quelques nazis ont pris leur retraite. Cette partie de l’histoire est relativement classique, je n’ai d’ailleurs pas eu de difficulté à deviner la conclusion de l’investigation sur la disparition de la jeune Harriet, mais ce n’est pas ça l’intérêt premier du long métrage, bien que ce soit majeur et tout de même très bien agencé. En fait, ce que j’ai surtout retenu du phénomène Millenium avant d’y être confronté, c’est le personnage de Lisbeth Salander, jouée ici par Rooney Mara.

Lisbeth intrigue les spectateurs et si le film est fidèle au livre, il semble que Larsson était son premier fan. La façon avec laquelle elle entre dans le récit me donne l’impression qu’elle a été ajoutée par la suite, comme si Larsson avait écrit son histoire et était arrivé au point où il bloquait, il a alors créé Lisbeth et est revenue en arrière pour coller son intrigue en parallèle de celle de Mikael. Quand les deux se réunissent, il y a quelque chose de plus naturel.

Quoi qu’il en soit, Larsson était un tordu plutôt glauque et la mise en scène de Fincher ne rend malheureusement pas la violence plus pertinente. Les mésaventures de Lisbeth sont là pour nous montrer quel genre de personne elle est, et cela commence à bouffer petit à petit tout ce qu’il y a autour. L’origine de la violence qui ronge la jeune femme n’est pas clairement expliquée, simplement évoquée à un moment qui démontre bien que l’auteur s’est laissé absorbée par sa créature, déplaçant son intérêt complètement sur elle, et l’éloignant par conséquent de son intrigue principale. Celle-ci se conclut de manière satisfaisante, mais le film ne s’arrête pas là, il continue pour donner à Lisbeth la place qu’elle a conquise.

Si on enlève Lisbeth Salander de l’équation, The Girl with the Dragon Tattoo (titre qui explicite tout ce que j’ai dit auparavant) est un thriller classique qui souffre certes de quelques facilités, mais qui intrigue juste ce qu’il faut grâce à l’ambiance glaciale et à un Daniel Craig en forme comme il se doit. Lisbeth Salander est l’élément qui fait la différence, qui donne un dimension unique à l’histoire, mais qui est par moment trop hors de contrôle pour le bien du film. Le mélange est alors inégal du point de vue narratif, mais la réalisation est de toute beauté et les acteurs sont vraiment très bons. Je regrette la gratuité d’une violence dont le résultat aurait pu être atteint de façon plus subtile. Elle ajoute un certain malaise qui n’était pas nécessaire et qui est traité d’une manière presque trop individuelle pour trouver une place naturelle dans le film. Au final, je ne sais pas trop quoi en faire et, puisque je ne compte pas lire les livres, je suppose que je vais devoir attendre le prochain long métrage pour découvrir si cela devient plus pertinent par la suite, en espérant que les deux prochains opus soient encore entre les mains de Fincher.

Réalisateur : David Fincher ; Scénariste : Steven Zaillian.
Casting : Rooney Mara, Daniel Craig, Robin Wright, Stellan Skarsgård, Embeth Davidtz, Christopher Plummer, Steven Berkoff, David Dencik, Joely Richardson, Peter Carlberg, Geraldine James, Julian Sands, Goran Visnjic, Yorick van Wageningen, Donald Sumpter, Arly Jover, Moa Garpendal, Élodie Yung.