The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu – 2012)

lundi 14 janvier 2013 à 14:36

Martin Freeman dans The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu - 2012)

Dix ans après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson est de nouveau passé derrière la caméra pour adapter ce qui doit être le plus petit roman écrit par J.R.R. Tolkien, Bilbo le Hobbit. Si sa taille laissait alors supposer un long-métrage, autant dire que le fait que l’on en obtient 3 – soit autant que la première trilogie – avait de quoi laisser dubitatif. Le sentiment ne pouvait être en plus qu’amplifié face à la durée, le volet qui nous concerne durant 169 minutes.

À l’arrivée, le film aurait certainement, ne serait-ce que pour une question rythmique, gagné à être raccourci, mais Jackson et ses acolytes ont relevé le défi à leur façon ; ils se sont donc saisis de l’œuvre d’origine en mettant en scène des passages évoqués, en rallongeant des situations, en inventant de toutes pièces des bouts d’intrigues, puis en prenant dans d’autres œuvres de Tolkien.

The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu - 2012)

The Hobbit nous plonge dans l’histoire de Bilbo Baggins, un hobbit de la Comté qui n’a rien demandé à personne, mais qui va tout de même se lancer dans une aventure suite à une visite peu agréable d’une bande de nains qui n’a pas été bien éduqué. Ils partent, en compagnie de Gandalf, dans une quête pour reprendre le Royaume perdu des nains d’Erebor, conquis par le dragon Smaug.

Ian McKellen dans The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu - 2012)

Peter Jackson reconnecte donc complètement avec ce qui à fait son succès et il embrasse cela sur tous les aspects, que cela soit technique ou scénaristique. De cette façon, ce premier volet de The Hobbit semble multiplier les connexions avec Le Seigneur des Anneaux à un niveau qui dépasse la référence. Il joue clairement avec la connaissance du spectateur de ce qui va se passer après par moment, sûrement pour compenser le fait qu’il ne peut totalement bâtir de la gravité sur quelque chose dont on connait le dénouement. Qui plus est, il y a une volonté de reconnecter avec l’esprit épique qui est plus ou moins absent de The Hobbit, dû à une histoire traitée sur un ton moins grave et de moins grande envergure.

Andy Serkis dans The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu - 2012)

Difficile alors de retrouver vraiment le sens de la grandeur, cependant cela n’empêche pas Jackson de s’y essayer, tout en penchant quand même plus souvent vers quelque chose de bien plus léger. La tension n’est certainement pas omniprésente dans The Hobbit, et d’ailleurs, le film reste ce qu’est le livre : un enchainement de situations dangereuses. Pour autant, il y a la volonté d’y apporter un peu de substance en donnant à cette aventure un sens plus personnel – via l’opposition entre Thorin et l’orc Azog, l’intégration de Bilbo à la compagnie de nains ou encore les raisons profondes de ce voyage.

Jackson fait ce qu’il sait faire et il faut reconnaitre qu’il le fait plutôt bien. C’est beau, la partition musicale est plus que sublime,  mais il y manque à mes yeux une couche d’émotion, de la surprise, de l’étonnement, des moments plus osés. Ce Voyage inattendu est sympathique bien que, si on veut bien me pardonner de le dire ainsi, un peu trop attendu.

The Hobbit: An Unexpected Journey (un voyage inattendu - 2012)

Réalisateur : Peter Jackson ; scénaristes : Fran Walsh, Philippa Boyens, Peter Jackson, Guillermo del Toro.
Casting : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Andy Serkis, Ian Holm, Graham McTavish, Ken Stott, Aidan Turner, Dean O’Gorman, Mark Hadlow, Jed Brophy, Adam Brown, John Callen, Peter Hambleton, William Kircher, James Nesbitt, Stephen Hunter, Hugo Weaving, Mikael Persbrandt, Lee Pace, Christopher Lee, Cate Blanchett, Sylvester McCoy, Elijah Wood, Manu Bennett.