The Red Riding Trilogy (2009)

mercredi 11 novembre 2009 à 23:36

The Red Riding Trilogy (2009)

« This is the North. We do what we want. »

Le texte qui suit provient de Critictoo (version séries tv, of course), car les trois films ont été diffusé en avril dernier sous la forme d’une minisérie sur la chaine Channel 4 en Angleterre. Il semble que pour l’étranger, ils soient vendu en tant que films. Avec le casting et la qualité de la réalisation, ce n’est pas étonnant.

In the Year of Our Lord 1974

Résumé : Eddie Dunford est un jeune journaliste qui doit couvrir la disparition d’une petite fille. Il va alors lier ce crime avec deux autres cas similaires, en suivant les conseils de son ami Barry.

Cette première intrigue tourne donc autour d’une affaire de kidnappings et de meurtres d’enfants, vue à travers l’œil d’un jeune journaliste arrogant qui va vite se retrouver dépassé par les évènements.

Malgré une réalisation léchée, un casting haut de gamme et une ambiance qui sonne plus qu’authentique, l’immersion dans cet épisode ne se fait pas facilement. La première partie manque de consistance, on nous expose énormément de faits, mais il va falloir un bon moment avant que ceux-ci acquièrent un sens. Du coup, bon nombre de scènes semblent être là sans raison et des personnages agissent étrangement.

Quand John Dawson, interprété par Sean Bean, sera introduit — tardivement –, les choses vont changer. L’intrigue relativement soporifique jusque-là va prendre forme et l’on découvrira ce qui se cache derrière tout plein de petits mystères.

Le dénouement est très orienté par la concrétisation de la fameuse corruption policière. Les joueurs se dévoilant avec elles. Malheureusement, si le casting convainc et la noirceur de l’histoire intrigue, le rythme et la longue durée n’aident pas à captiver.

Réalisé par : Julian Jarrold

In the Year of Our Lord 1980

Résumé : Depuis 6 ans, The Yorkshire Ripper terrorise la région. Peter Hunter est envoyé sur les lieux pour reprendre en main l’enquête.

Retour dans le Yorkshire, 6 ans plus tard avec, cette fois, un tueur en série. On entre directement et avec une certaine énergie, dans le cœur de l’action, ce qui change de la longue mise en place du précédent épisode. Malheureusement, le rythme va progressivement ralentir et le développement de l’intrigue va en pâtir.

En fait, le plus gros problème, ici, est que l’enquête sur le Ripper est mise en forme de manière superficielle et parfois abstraite. Il est rare d’avoir l’impression que les enquêteurs sont vraiment préoccupés par cela, car il parait évident que toute l’histoire n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour mettre en scène une confrontation inévitable qui permettra de faire ressurgir les flics corrompus et leurs magouilles.

Hunter est donc pris entre une ancienne liaison, une femme qui fait une fausse-couche et des policiers qui ne sont pas décidés à lui venir en aide. Sans oublier le tueur, et quelques membres de la communauté qui ne seront pas non plus lui être d’un grand secours.

Comme précédemment, la plastique et le casting sont impeccables, mais le format n’est pas le plus adapté pour raconter cette histoire. L’ennui est ici l’ennemi premier et il trouve sa source dans un scénario fouillis au rythme  peu engageant.

Réalisé par : James Marsh

In the Year of Our Lord 1983

Résumé : 9 ans après la disparition de Clare Kemplay, une autre enfant, Hazel disparait. Maurice Jobson commence à regretter d’avoir fait enfermer Michael Myshkin pour le premier crime. John Piggott est justement envoyé par la famille de ce dernier pour s’occuper de son appel devant la cour.

Cette fois-ci au cœur de l’action, Maurice Jobson, interprété par David Morrissey, va tenter des démêler une affaire qu’il a déjà résolue il y a quelques années. En fait, on comblera ici une partie de l’intrigue de 1974 au travers de flashbacks qui montreront une fois de plus comment la corruption à permis à un tueur pédophile de passer entre les mailles du filet, laissant un innocent témoin prendre la responsabilité.

Jobson a été très silencieux durant les deux premières parties, et le restera encore pas mal ici, même s’il est au centre de l’épisode. Morrissey fait un excellent travail pour compenser ça en exprimant beaucoup avec peu.

En parallèle, nous aurons Mark Addy dans le rôle d’un avocat, John Piggott qui va, en quelque sorte, reprendre là où Dunford s’était arrêté.

Plus accrocheur que les précédents téléfilms, ce 1983 bénéficie principalement du fait que son histoire vient compléter une que l’on connait déjà bien et, donc, on est beaucoup moins dérangé par les non-dits. L’ambiance est également moins pesante, le personnage de Piggott apportant une certaine fraicheur et un peu d’énergie. Du coup, même si ça ralentit par moment, la multitude des angles évite à l’ennui de trouver sa place de manière permanente.

Réalisé par : Anand Tucker

Conclusion

Avec son affiche exceptionnelle, l’appui d’une œuvre littéraire réputée, sa réalisation haut de gamme et son esthétique léchée, Red Riding ne pouvait pas se rater. Malgré ça, une scénarisation paresseuse aura eu raison de tout l’intérêt qu’elle avait généré. La cohérence de l’intrigue ne tient souvent qu’à peu de choses, mais cela n’est rien comparé au fait qu’il est finalement assez difficile de s’y intéresser. Cela démontre une nouvelle fois que l’argent investi dans une production ne garantit aucunement sa réussite.

Réalisateurs : Julian Jarrold (1), James Marsh (2), Anand Tucker (3) ; Scénariste : Tony Grisoni
Casting : Andrew Garfield (Eddie Dunford), Anthony Flanagan (Barry Gannon), Cathryn Bradshaw (Marjorie Dawson), Daniel Mays (Michael Myshkin), David Morrissey (Maurice Jobson), Mark Addy (John Piggott), Maxine Peake (Helen Marshall), Paddy Considine (Peter Hunter), Peter Mullan (Martin Laws), Rebecca Hall (Paula Garland), Sean Bean (John Dawson), Eddie Marsan (Jack Whitehead), Gerard Kearns (Leonard Cole), Jim Carter (Harold Angus), John Henshaw (Bill Hadley), Joseph Mawle (The Ripper), Julia Ford (Elizabeth Hall), Sean Harris (Bob Craven), Shaun Dooley (Dick Alderman), Tony Mooney (Tommy Douglas), Tony Pitts (John Nolan), Warren Clarke (Bill Molloy).