The UnAmazing Adaptation of Spider-Man

mercredi 24 juillet 2013 à 12:43

The Amazing Spider-Man

Depuis les débuts du cinéma, l’adaptation est une pratique omniprésente. Roman, articles de presse, autobiographies, bande dessinée, pièce de théâtre, et j’en passe ont servi à donner le jour à des films aussi cultes qu’oubliables. Et, comme tout processus créatif, il y a matière à discussion.

Le sujet, je ne le cache pas, me fascine légèrement. Une adaptation peut être fidèle, respectueuse, très libre, réussie ou tout simplement ratée. Ce qui m’interpelle le plus est que la qualité d’un film ne dépend pas de la qualité de son adaptation. Le nombre d’adaptations que l’on regarde dont on ne connait pas le matériau original est indécent ; dès lors, on juge le film pour ce qu’on voit. Seulement, dès qu’on a connaissance un minimum de ce qui se trouvait à l’origine, la vision que l’on a est forcément affecté par cela.

The Amazing Spider-Man

C’est donc le cas, bien entendu, avec The Amazing Spider-Man. Le véritable spécialiste du monte-en-l’air sur Critictoo Cinéma est Fabien, mais j’ai maintenant plus de dix ans derrière moi à lire les aventures de Peter Parker et des attentes qui accompagnent une adaptation.

Les adaptations de comic books rapportant trop d’argent au cinéma, Sony ne pouvait l’ignorer, et a décidé de ramener Spider-Man 10 ans après le début de la trilogie de Raimi – qui ne s’est achevé qu’en 2007 ; au-delà de la qualité, ces longs-métrages ne sont pas suffisamment anciens pour être déjà démodés ; pire que tout, c’est à travers eux qu’une grosse part du public a découvert Peter Parker.

Disons-le, la réussite d’un portage d’un superhéros sur grand écran selon moi ne tient pas à la fidélité dans son sens le plus strict. C’est simplement impossible quand vous avez 50 ans d’histoire derrière vous, avec un nombre incalculables d’artistes qui est passé par là, de multiples révolutions et Cie. Ce type d’adaptation se doit avant tout de respecter l’essence de son personnage principal et les thématiques de l’œuvre. Dans le cas de Spider-Man/Peter Parker, nous avons un super héros hanté par la mort de son oncle Ben qui a défini toute son existence. Le fameux « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » (absent du film) a pavé le chemin de Peter, prêt à tout pour sauver autrui, vivant dans la peur de décevoir et d’échouer. Cela, et le fait qu’il n’est jamais à l’heure à un rendez-vous quand il daigne se pointer.

The Amazing Spider-Man

Avec The Amazing Spider-Man, Marc Webb revient donc aux origines du personnage, en tentant bien entendu de se démarquer – semble-t-il en y mêlant le bon vieux Spidey avec sa version Ultimate. Malheureusement, il flotte aussi l’ombre de Raimi dans une première partie qui est construite avec une volonté quasi désespérée de marquer sa différence. La construction des lances-toiles, le choix de Gwen Stacy ou ce qui entraine la mort de l’oncle Ben viennent soutenir cela, l’éloignant des images et dialogues iconiques qu’avaient justement repris Raimi.

Scénaristiquement parlant, c’est dommageable, car ce nouveau Spider-Man ne semble pas du tout saisir les moments importants et se révèle trop expéditif, voire décousu. On passe de la quête identitaire de son héros au développement sentimental à la poursuite du méchant de façon bien trop distincte. Tout cela compose l’existence de Peter et de son alter ego en général, mais ici, cela ne s’entrechoque pas de façon convaincante et cohérente. En réalité, le long-métrage tend à trop compartimenter, certains éléments étant aussi là pour la construction de cette nouvelle franchise de films quitte à délaisser des bouts de storylines.

La mort de l’oncle Ben, si importante, en est presque réduite à une simple étape à franchir alors que, pourtant, Martin Sheen fait un excellent travail à rendre le personnage aussi vivant que symbolique.

The Amazing Spider-Man

Si on laisse le skateboard de côté (quelle idée !), The Amazing Spider-Man cherche à parler de la naissance d’un super-héros mais n’y parvient pas réellement ; on peut aisément l’expliquer par un manque de développement – tout particulièrement avec Curt Connors/Le Lézard. Les effets spéciaux/maquillage sont douteux et le personnage n’est pas du tout fouillé alors même que le film tente de construire un parallèle bien vu sur le destin entre notre héros et son adversaire – tous deux nés au même endroit, mais avec des retours différents.

Je doutais du choix de Curt Connors qui n’est pas vraiment le méchant ultime (si on passe les récentes évolutions), mais un homme plus souvent victime de sa condition qu’autre chose ; Rhys Ifans ne se verra pas offrir le matériel nécessaire pour injecter une quelconque complexité à son personnage et la lutte interne entre le lézard et Connors qui aurait pu être si noire est juste bâclée. Au final, il avait bel et bien un véritable potentiel, mais le film se refusant à complètement embrasser cette route, celui-ci est gâché.

The Amazing Spider-Man

C’est plus ou moins ce qui définit au final The Amazing Spider-Man, qui tente de trop en faire pour ne pas accomplir grand-chose. Cela en devient frustrant  et on obtient un long-métrage qui reste honorable, mais qui n’apporte rien de neuf à l’univers de Spider-Man.

Marc Webb aura pourtant su injecter un sens esthétique qui aurait pu soutenir une réflexion intéressante sur ce que signifie être Spider-Man/Peter Parker au lieu de n’être qu’au service d’un film de commande. Le nouveau monte-en-l’air est étrangement hipster et inutile dans ce monde cinématographique peuplé de super héros.