Tim Burton’s Beetlejuice (1988)

samedi 20 avril 2013 à 10:17

Tim Burton's Beetlejuice (1988)

Suite au succès commercial de Pee-wee’s Big Adventure, Tim Burton a reçu de nombreux scénarii et c’est celui de Beetlejuice qui attira son attention. Il faut avouer que même si le réalisateur n’avait pas encore totalement affirmé son style, cette comédie horrifique s’annonçait comme un pas dans la bonne direction.

L’histoire se centre sur Adam et Barbara (Alec Baldwin et Geena Davis) Maitland qui décèdent et se retrouvent coincés dans leur maison qui est désormais habitée par une famille venant de New York, les Deetz. Charles, Delia et Lydia sont à peine arrivés que l’univers paisible des Maitland s’effondre. Jeunes fantômes, ils sont démunis et sont tentés de faire appel à Betelgeuse (aka Beetlejuice), un fantôme incontrôlable qui promet des résultats sans tarder.

Beetlejuice (6)

Beetlejuice n’est donc pas vraiment au sujet du personnage qui donne son titre au film. Au contraire, il n’est qu’un rouage secondaire du scénario, mais il s’impose avec une telle énergie qu’il est aisé de comprendre pourquoi il est présenté comme la star – d’un point de vue marketing, c’est en tout cas évident. Le problème avec les Maitland est qu’ils sont trop gentils et propres sur eux. D’ailleurs, le film est dans cette veine, tout juste éclaboussée par les excentricités de Betelgeuse.

À dire vrai, l’intérêt principal dans lequel on retrouve vraiment la touche de Burton est Lydia. Incarnée par Winona Ryder, l’adolescente gothique sert à canaliser une des thématiques majeures de l’œuvre du réalisateur en étant un personnage qui ne trouve pas sa place dans l’univers dans lequel il est forcé de vivre. Dans le cas présent, Lydia découvrira avec les Maitland ce qu’elle a le plus besoin : savoir que c’est dans la vie qu’il y a ce quel cherche, et non dans la mort. Ils s’intéresseront à elle et l’écouteront, ce que ses parents ne font pas, et en s’attachant à ce couple mort, elle finira par ne plus se sentir seule.

Tim Burton's Beetlejuice (1988)

Tim Burton's Beetlejuice (1988)

Malheureusement, le film manque de complexité au niveau de l’écriture des personnages. Ils sont majoritairement assez unidimensionnels, mais dotés d’une touche particulière qui les rend colorés. C’est d’ailleurs un peu ce qui pourrait résumer de façon générale Beetlejuice. On y trouve quelques idées intéressantes, mais c’est le décor et l’ambiance qui lui donnent son charme. C’est suffisamment efficace pour rendre indolore les réguliers piétinements de l’histoire qui servent à étirer par-ci par-là des passages afin de gagner un peu de temps. Le rythme est un peu saccadé à l’occasion, tout particulièrement quand la présence de Betelgeuse est imposée avec un poil trop de force.

Enfin, si ses effets spéciaux et le maquillage ont vieilli en renforçant son caractère plus qu’en devenant nuisible pour les yeux, le côté volontairement délirant du concept est occasionnellement trop poussif pour être ignoré. Malgré ça, Beetlejuice permet toujours de passer un bon moment, la nostalgie insufflant l’indulgence nécessaire pour rendre chaque revisionnage plus que satisfaisant.

Tim Burton's Beetlejuice (1988)

Next : Planet of the Apes.

Réalisateur : Tim Burton ; Scénariste : Michael McDowell, Warren Skaaren.
Casting : Michael Keaton, Alec Baldwin, Geena Davis, Winona Ryder, Catherine O’Hara, Jeffrey Jones, Glenn Shadix.