Tim Burton’s Big Fish (2003)

lundi 28 janvier 2013 à 14:10

Tim Burton's Big Fish (2003)

Après Planet of the Apes, Tim Burton s’est tourné vers un projet plus personnel. Il dit qu’il ne s’implique dans un projet que s’il trouve dedans quelque chose qui résonne en lui – je paraphrase. Big Fish est arrivé au moment où il venait de perdre son père avec lequel il n’a jamais été proche. C’était dès lors pour lui un moyen de faire son deuil, d’une certaine façon.

Donc, Big Fish est l’adaptation du livre éponyme de Daniel Wallace qui parle de Will Bloom (Billy Crudup) qui a grandi en entendant éternellement les mêmes histoires de son père, Edward (Albert Finney). Il a l’impression de ne pas le connaitre alors et, quand il apprend qu’il ne reste plus que quelques jours à vivre à Edward, il se rend à son chevet pour tenter une dernière fois de découvrir la vérité.

Tim Burton's Big Fish (2003)

Big Fish parle avant tout des aventures rocambolesques d’Edward. Celles-ci nous sont montrées comme lui les raconterait, et il a un penchant très prononcé pour enjoliver les histoires. On est donc comme Will, à ne pas pouvoir discerner le vrai du faux. Étonnement, ce n’est pas vraiment une situation frustrante, car on est devant une réalisation de Tim Burton, la dose d’excentricité vient plus ou moins avec le territoire. Malgré tout, ou peut-être à cause de ça, le réalisateur s’égare en cours de route, ne parvenant à retomber sur ses pieds qu’à la toute fin.

Le souci du film est que l’on suit Will qui veut découvrir la vérité, mais, avant cela, et pour que l’on comprenne réellement ce qui le motive, il nous est nécessaire de nous familiariser avec la version d’Edward. Les allers-retours semblent dès lors un peu forcés pour tenter de maintenir dans le bon sens l’histoire jusqu’au moment où cela devient accessoire. On se concentre alors plus sur Edward que sur ce qui pourrait être vrai. D’ailleurs, quand Will finit par rencontrer une personne pouvant l’aider à lire entre les lignes, elle se met à lui raconter une version aussi colorée que celle de son père.

Tim Burton's Big Fish (2003)

Tim Burton's Big Fish (2003)

Quoi qu’il en soit, Edward a eu une vie chargée, pleine d’aventures improbables et de rencontres inattendues. Même si cela n’est pas toujours palpitant, il faut admettre que c’est divertissant. Le problème est au final la relation avec son fils qui semble par moment plus imposée que naturelle dans le scénario. Elle ne trouve jamais assez de substance pour justifier le fait que l’on veuille en faire le moteur narratif. Il aurait clairement été préférable que le film se centre uniquement sur la vie d’Edward, aussi folle qu’elle puisse être, au lieu de l’utiliser pour tenter de parler d’une relation père-fils qui n’est jamais aussi tangible qu’elle aurait dû l’être.

Big Fish n’est pas totalement un ratage, tout particulièrement grâce à Ewan McGregor qui est excellent dans la version jeune d’Edward. Malgré tout, Tim Burton s’est un peu mélangé les pinceaux avec l’agencement des différents composants de son histoire, ne parvenant pas à embrasser pleinement la féérie de l’aventure ou l’émotion de la partie relationnelle. Cela donne un film qui en dit bien moins qu’ils pouvaient le faire, et cela a pour résultat de rendre l’ensemble légèrement anecdotique en fin de compte.

Tim Burton's Big Fish (2003)

Next : Edward Scissorhands.

Réalisateur : Tim Burton ; Scénariste : John August.
Casting : Ewan McGregor, Albert Finney, Billy Crudup, Jessica Lange, Marion Cotillard, Alison Lohman, Steve Buscemi, Danny DeVito, Helena Bonham Carter, Hailey Anne Nelson, Matthew McGrory.