Tim Burton’s Edward Scissorhands (Edward aux mains d’argent – 1990)

vendredi 22 février 2013 à 10:11

Tim Burton's Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent - 1990)

Suite au succès de Batman, Tim Burton enchaina avec l’un de ses meilleurs films, un dans lequel il affirma plus que jamais son style et ses thématiques phares. Probablement l’une de ses œuvres les plus personnelles.

Edward Scissorhands nous parle de la créature inachevée d’un génial inventeur (Vincent Price). Découvert par Peg (Dianne Wiest) qui le ramène dans sa famille, Edward (Johnny Depp) avec ses mains-ciseaux n’est pas adapté pour vivre dans un environnement de banlieue traditionnel, mais il va rapidement être le centre d’intérêt de tout le quartier. Edward apprendra pourtant qu’il n’y a qu’un pas entre l’acceptation et le rejet.

Tim Burton's Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent - 1990)

Sorte de conte de fées moderne, Edward Scissorhands nous parle donc de la difficulté de trouver sa place dans la société quand on est différent. Dans le cas présent, l’apparence d’Edward est un handicap majeur, c’est certain, il aurait été difficile de faire plus explicite afin de faire passer le message. Cela dit, le film va bien plus loin que ça, Edward n’étant qu’un catalyseur devant animer cette petite banlieue légèrement excentrique pour faire ressortir le meilleur et le pire de ce type d’environnement.

C’est dans un tel quartier que Burton a grandi et, dans certaines limites, il est Edward. C’est quelque chose qui est resté avec lui, comme le récent Frankenweenie le montre bien, puisque les années ont passé et, en refaisant son vieux court métrage, il n’a pas tenté de réviser sa vision de cet univers à part – et pourtant si commun.

Les créatures les plus étranges dans Edward Scissorhands sont donc surtout les voisines de Peg, des femmes au foyer un peu désespérées. Elles ne sont pas mal intentionnées, mais leur égoïsme et leur perception limitée du monde les rendent étrangement simplistes dans leur appréciation de la différence chez autrui. Pour elle, Edward est en premier lieu un nouveau jouet qu’elles désirent toutes s’approprier comme une sorte de trophée qu’elle jalouse à Peg, mais quand le vent tourne, elle ne voit plus en lui qu’une créature dangereuse qui menace leur style de vie en leur rappelant que le danger peut également atteindre leur porte.

Tim Burton's Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent - 1990)

Tim Burton's Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent - 1990)

Au milieu de tout ça, il y a une pseudo romance entre Edward et Kim (Winona Ryder), mais celle-ci est développée de façon assez secondaire et ne fonctionne au final uniquement parce qu’elle fait écho au classique La Belle et la Bête, avec Jim (Anthony Michael Hall) dans le rôle de Gaston – si on veut faire un parallèle avec la version Disney, ou Avenant en rapport à la version Cocteau. Malgré ça, la relation entre les deux personnages est vraiment maigre et est sauvée par l’interprétation de Johnny Depp. L’acteur est d’ailleurs impressionnant dans le rôle, s’exprimant physiquement bien plus qu’oralement, ce qui le rend bien entendu encore plus atypique dans l’environnement dans lequel ils se retrouvent où les paroles servent presque systématiquement à masquer ce que chacun pense réellement.

Edward Scissorhands reste aujourd’hui un film touchant avec une pointe de poésie. Tim Burton insuffle beaucoup de cœur dans sa réalisation inventive, offrant à son histoire une approche personnelle loin d’être dénuée de subtilité. L’ensemble perd avec les années un peu de sa magie, ayant légèrement vieilli à un certain niveau, mais la musique de Danny Elfman compense largement en maintenant intact le côté envoutant de ce conte de fées à part.

Tim Burton's Edward Scissorhands (Edward aux mains d'argent - 1990)

Next : Corpse Bride.

Réalisateur : Tim Burton ; Scénariste : Caroline Thompson.
Casting : Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Anthony Michael Hall, Kathy Baker, Robert Oliveri, Alan Arkin, Conchata Ferrell, Caroline Aaron, Dick Anthony Williams, O-Lan Jones, Vincent Price.