Tim Burton’s Sleepy Hollow, la légende du cavalier sans tête (1999)

lundi 30 juillet 2012 à 12:04

Sleepy Hollow est un film en apparence important dans la carrière de Tim Burton, car il semble canaliser ce que l’on pourrait définir comme étant les éléments clés de son style. Cela dit, le réalisateur est arrivé tardivement sur le projet, après s’être tout juste sortie de la débâcle qu’était le devenu le développement de son Superman qui ne vit jamais le jour. C’était Kevin Yagher qui avait préparé le terrain et imposé avec Andrew Kevin Walker, le scénariste, quelques éléments majeurs du scénario. De plus, c’est Johnny Depp qui modela le personnage d’Ichabod Crane. Disons donc que pour un film qui semble purement burtonesque, il doit autant à Burton qu’à d’autres personnes qui étaient activement impliquées.

Bref, derrière son apparence de film d’horreur gothique, Sleepy Hollow est avant tout un Whodunit fantastique. Ichabod Crane débarque à Sleepy Hollow pour découvrir ce qui se trame dans cette petite bourgade où 4 personnes ont récemment été tuées par décapitation. Crane pense que la science est l’outil nécessaire pour réinventer le travail de policier. Ses supérieurs en ont marre de son discours et lui offre une opportunité pour prouver qu’il a raison, en espérant qu’il se plante, bien entendu. Pour Crane, c’est donc une mission importante, mais il est dépassé par les évènements dès son arrivée.

Crane est un héros à la stature quasi inexistante. Il est fragile physiquement et émotionnellement. Il est hanté par un passé qu’il a refoulé, il n’a pas beaucoup d’expériences, mais il possède de la détermination. Quoi qu’il en soit, Johnny Depp nous offre un personnage attachant, tragicomique et légèrement torturé. Une combinaison qui impose un contraste certain dans l’univers volontairement morose de Sleepy Hollow.

Ce qui fait un bon Whodunit, ce sont les suspects et les mystères qu’ils gardent bien pour eux. De ce côté-là, le film excelle, puisque si la petite bourgade n’a pas un passé aussi glauque qu’on pourrait le croire, Crane est suffisamment suspicieux pour voir des potentiels coupables à tous les coins de rue.

Le tout fonctionne bien entendu en grande partie grâce à son ambiance. Les magnifiques décors et costumes crédibilisent l’atmosphère tendue, et la mise en scène légèrement excentrique par moment amplifie la vision un peu distordue et paranoïaque du héros improbable. De plus, le casting de seconds rôles est brillant, à l’exception peut-être de Christina Ricci qui se contente un peu trop souvent de simplement écarquiller ses grands yeux – ce qui fait qu’elle finit par être un peu trop transparente.

Pour moi, Sleepy Hollow est surtout un divertissement impeccablement dosé qui possède une atmosphère intrigante et un excellent méchant qui délivre tout ce qu’il faut pour donner à l’histoire les fondations solides pour éviter que l’ensemble ne se transforme en un épisode de Scooby-Doo.

Next : Charlie and the Chocolate Factory

Réalisateur : Tim Burton ; Scénariste : Andrew Kevin Walker.
Casting : Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson, Marc Pickering, Michael Gambon, Jeffrey Jones, Casper Van Dien, Ian McDiarmid, Michael Gough, Christopher Walken, Claire Skinner, Steven Waddington, Richard Griffiths, Christopher Lee, Alun Armstrong, Martin Landau, Lisa Marie, Peter Guinness.