Les Incontournables : Trainspotting (1996)

vendredi 29 mars 2013 à 10:10

Trainspotting (Poster)Je suppose que chaque génération voit naitre ses classiques. Trainspotting est sorti alors que j’avais 15 ans et il s’est immédiatement imposé comme un incontournable. Avec sa réalisation coup de poing, sa soundtrack parfaite pour l’époque (et pour aujourd’hui encore) et son scénario sans temps mort nous entrainant sur un véritable grand-huit auprès de personnages hauts en couleur, le résultat est juste trop cool pour être ignoré et trop maitrisé pour être oublié.

Cela dit, si le film reste pertinent 17 ans plus tard, ce n’est pas parce qu’il fut un phénomène à sa sortie, mais parce qu’il s’est finalement imposé comme étant le réel portrait d’une époque. C’est quelque chose que l’on ne pouvait bien entendu pas discerner au premier abord,  mais le temps passant, chaque visionnage semble rendre Trainspotting plus important qu’auparavant de ce point de vue.

Trainspotting

Choose life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, Choose washing machines, cars, compact disc players, and electrical tin can openers. Choose good health, low cholesterol and dental insurance. Choose fixed-interest mortgage repayments. Choose a starter home. Choose your friends. Choose leisure wear and matching luggage. Choose a three piece suit on hire purchase in a range of fucking fabrics. Choose DIY and wondering who the fuck you are on a Sunday morning. Choose sitting on that couch watching mind-numbing spirit-crushing game shows, stuffing fucking junk food into your mouth. Choose rotting away at the end of it all, pissing your last in a miserable home, nothing more than an embarrassment to the selfish, fucked-up brats you have spawned to replace yourself. Choose your future. Choose life . . . But why would I want to do a thing like that? I chose not to choose life: I chose something else. And the reasons? There are no reasons. Who needs reasons when you’ve got heroin? — Renton.

Trainspotting (1996)

Certes, on ne peut y voir qu’un film sur les méfaits de la consommation d’héroïne, ce que c’est à la surface, mais ce serait passer à côté de la représentation de cette jeunesse qui ne veut pas s’enfermer dans une vie monotone et qui trouve une échappatoire pour atteindre une liberté aussi irréelle dans sa perception que limitée dans sa durée. Il est question d’en savourer la moindre seconde pour ne pas avoir à retomber les pieds sur terre. C’est purement destructeur à ce niveau, mais aussi vain que cela puisse réellement être, Renton et ses amis s’y noient. Le plus difficile alors était de réaliser que ça ne pouvait pas sérieusement durer éternellement.

Le sujet n’est donc pas neuf et est d’ailleurs relativement intemporel, mais Danny Boyle est parvenu à l’approcher d’une manière originale qui laissa une marque indélébile sur le cinéma, et sur la pop culture de manière générale.

Aujourd’hui, Trainspotting souffre par moment, dans quelques scènes, du poids des âges au niveau de sa qualité de production, mais le facteur nostalgique est déjà suffisant pour compenser cela. En tout cas, cela ne l’empêche pas de conserver toute son énergie. J’aurais même tendance à penser qu’il est intact à ce niveau, tout particulièrement grâce à ses acteurs. Ewan McGregor est toujours aussi électrisant, Robert Carlyle irrite à souhait, Jonny Lee Miller fascine étrangement, Ewen Bremner et Kevin McKidd ajoutent de la sensibilité et Kelly Macdonald injecte une pointe de charme.

Trainspotting est définitivement le parfait représentant d’un cinéma différent qui émergea au cœur des ‘90s et qui imposa sa voix brute sans arrondir les angles.