Triste Monde Tragique : Le pire ennemi de l’homme est lui-même, pas le Terminator

vendredi 05 juillet 2013 à 11:19

Terminator 2: Judgment Day (1991)

L’œuvre de James Cameron s’oriente globalement autour d’hommes qui paient le prix de leur arrogance, d’une certaine manière, et c’est souvent la nature qui est là pour livrer la facture. Avec Terminator 2: Judgment Day, Cameron prenait une approche plus radicale, mais son message n’est dans le fond pas trop éloigné de ça.

Si vous n’avez jamais vu ce film, l’histoire se centre sur un Terminator, un robot tueur, envoyé du futur pour protéger le jeune John Connor qui est pourchassé par un autre Terminator qui lui veut l’éliminer. Skynet, un ordinateur tout puissant dans le futur, qui fait la guerre à l’humanité veut se débarrasser de John quand il est enfant, car il deviendra plus tard le leader de la résistance.

Terminator 2: Judgment Day (1991)

Le film s’intéresse donc à l’idée que le futur peut être changé. En éliminant John, Skynet règle un problème avant qu’il ne se produise. Ce que le premier film Terminator nous avait appris, c’est que la première tentative avait finalement résulté à la conception de John. En tentant de prévenir les dégâts, Skynet les a en réalité créés.

Judgment Day s’occupe de retourner le point de vue pour faire réaliser à Sarah Connor que l’Homme est à l’origine de Skynet et qu’elle peut donc éliminer son ennemi avant sa création. Cela n’a pas fonctionné dans un sens, mais ça pourrait bien le faire dans l’autre.

John Connor : the whole thing goes: « The future is not set. There is no fate but what we make for ourselves. »

À partir de là, Cameron prend son histoire dans une direction qui lui permet de poser une question difficile. S’ils savaient pris conscience de l’étendue de la destruction qui naitrait de leurs créations, est-ce que certains scientifiques de génie auraient abandonné leur travail ? La course au progrès est toujours à double tranchant et l’homme ne semble pas s’interroger sur le côté le plus coupant.

Miles Dyson : How were you supposed to know?
Sarah Connor : Fucking men like you built the hydrogen bomb. Men like you thought it up. You think you’re so creative. You don’t know what it’s like to create something. To create a life. To feel it growing inside you. All you know how to create is death and destruction.

Terminator 2: Judgment Day (1991)

Sarah Connor est instable et aucunement mesurée, mais son propos n’est pas dénué de sens. Le film avance donc en développant l’idée que l’être humain causera sa propre perte, car il refuse de prendre en compte sa nature destructive.

Terminator 2 s’impose alors comme une leçon sur ce que le progrès technologique sans contrôle pourrait amener. Tout n’est cependant pas perdu, car nous sommes donc les architectes de notre propre futur. Le film se clôture alors sur une note d’optimisme inattendue trouvant son origine dans le Terminator en personne, car John l’a influencé. Si une machine peut apprendre la valeur de la vie humaine, Sarah pense que l’homme peut aussi le faire.

Sarah Connor : The unknown future rolls toward us. I face it for the first time with a sense of hope. Because if a machine, a terminator, can learn the value of human life, maybe we can too.

Néanmoins, 20 ans après la sortie du film, à voir le monde dans lequel nous vivons, je ne suis pas certain que quelqu’un se souvienne de cette conclusion. Nous sommes peut-être tous déjà condamnés par notre incapacité à changer. Triste monde tragique. Cameron devrait donc s’occuper lui-même du prochain film Terminator pour nous rappeler son message.

Terminator 2: Judgment Day (1991)