Videodrome (1983)

mardi 26 octobre 2010 à 22:31

Résumé : Le patron d’une petite chaîne érotique sur le câble capte par hasard un mystérieux programme-pirate dénommé Vidéodrome, qui met en scène tortures et sévices sexuels. Son visionnage provoque peu à peu des hallucinations et autres altérations physiques. La frontière entre réalité et univers télévisuel devient bien mince, et la folie guette…

Videodrome fait partie de la longue liste de films cultes que j’essaie de finalement voir, car il n’est jamais trop tard pour ça. Étant plus jeune, je m’étais abstenu et j’avais raison, car ce film m’aurait certainement empêché de dormir pendant quelque temps. Après ça, j’ai simplement oublié, mais désormais je l’ai vu. Manquement réparé en fin de compte.

Il y a quelque chose d’étrange avec le cinéma des ‘80s. J’ai souvent l’impression que ça a même duré jusqu’à plus de la moitié des ‘90s. Comme s’il y avait juste plus de créativité. Aujourd’hui, on a les technologies qui permettent de dépasser les limites, mais plus les gens qui ont l’imagination pour les utiliser. En fait, j’ai de plus en plus l’impression que ceux qui sont à la tête d’Hollywood désormais sont les geeks qui ont grandi avec des films comme Videodrome et autres, et, au lieu de chercher à être innovant et à explorer l’inconnu, ils se contentent de recycler, parce qu’ils ont grandi avec, ils veulent que d’autres fassent de même. C’est tordu.

En tout cas, presque autant que Videodrome. Le plus étrange n’est finalement pas le film, mais le fait qu’il reste fascinant encore aujourd’hui. J’avoue qu’en vieillissant j’ai développé un certain attrait pour la texture de l’image des films de cette époque, ainsi que pour les ambiances musicales, comme s’il y avait une sorte d’authenticité presque d’ordre archéologique ou je ne sais quoi.

Enfin bref, je m’égare. Et je vais même continuer un peu. L’autre jour, pour Critictoo (séries !) j’ai revu le pilote de Max Headroom, une série des ‘80s qui parlait du pouvoir de la télévision et des images. Il semble qu’à cette époque-là, il y avait une certaine prise de conscience des débordements qui pouvaient accompagner un tel média. Vidéodrome suit le même genre d’idée, explorant les limites de la réalité, entre ce que l’on perçoit et ce qui est vrai. Le film étant de Cronenberg, il y a un côté organique et borderline, mais l’idée est de parler de la manipulation par les images, le tout sous une forme de surréalisme et avec un budget absolument ridicule et un James Woods qui a rarement été aussi excellent.

Videodrome mérite largement son statut de culte en tout cas.

Réalisateur & Scénariste : David Cronenberg.
Casting : James Woods, Sonja Smits, Deborah Harry, Peter Dvorsky, Leslie Carlson, Jack Creley.