Pixar Retrospective : WALL-E (2008)

lundi 21 janvier 2013 à 11:52

WALL-E (2008)

Après s’être attaqué au monde marin avec Finding Nemo, Andrew Stanton est parti pour l’espace avec WALL-E. Il délivre alors une critique sociale à travers l’histoire de WALL-E, un robot créé pour nettoyer la Terre et qui va changer sa destinée quand il rencontrera EVE.

Andrew Stanton est un réalisateur qui a le sens de la grandeur. Si Nemo avait l’océan pour lui, WALL-E commence avec la planète Terre délaissée par l’être humain pour qu’elle puisse être nettoyée par des robots. 700 ans plus tard, les hommes ne sont pas revenus, et il ne reste plus qu’un seul robot  qui continue ses activités en compagnie d’un cafard.

WALL-E (2008)

Le long-métrage nous introduit donc à une Terre transformée en dépotoir géant à cause d’un consumérisme massif crée par Buy n Large, entreprise qui a finalement pris le pouvoir sur les individus. On retrouvera cette inconscience collective plus tard lorsque WALL-E sera sur le vaisseau où se trouvent les êtres humains. Cependant, WALL-E récupère lui-même des objets parfaitement identifiables quand il fait son travail, faisant lui-même un tri et y donnant alors une valeur sentimentale à ce qu’il ramasse.

Le long-métrage étant quasiment dénué de dialogues dans sa première demi-heure, Stanton mise sur l’affection pour captiver, la sympathie que suscite WALL-E et l’humour visuel. En somme, il s’agit d’exploiter les vieux procédés des films muets, musique à l’appui, pour donner vie au monde de WALL-E et à un sentiment nostalgique avant qu’il ne parte dans l’espace.

WALL-E (2008)

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Avant que cela n’arrive, il va rencontrer EVE, qui est là pour découvrir si oui ou non la Terre peut être repeuplée. À la différence de WALL-E, elle est à la pointe de la technologie et d’ailleurs, les deux robots sont clairement nés de l’imagination d’hommes et de femmes de notre époque au vu de ce qui différencie les deux modèles. Technologiquement parlant, je ne sais pas dans quelle direction on ira, mais EVE représente l’esthétisme d’aujourd’hui, tandis que WALL-E – peut-être à cause de sa ressemblance avec Johnny 5 –, semble être plus issu des années 80.

Si les deux robots sont donc des machines qui ont une mission bien précise à accomplir, ils ne sont pas pour autant dépourvus de personnalités ; il est assez drôle de noter la nature pyromane et violente d’EVE, qui tire d’abord et regarde après. Il naît en tout cas une belle histoire, aussi romantique qu’elle en est drôle, entre les deux et qui va alors nous emporter dans l’espace. Ainsi, l’amour réussit à faire dévier WALL-E de sa mission, le faisant aller au-delà de sa programmation.

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EVE est donc emportée pour être ramenée aux humains et WALL-E la suit coûte que coûte, découvrant un vaisseau où l’être humain à continuer à « vivre », mais ne contrôle plus vraiment rien. Pour le coup, si l’individu a laissé la technologie lui simplifier la vie au point d’en perdre le contact et le savoir, ce sont avec les machines que le film développe un autre pan de lecture sur notre société. C’est ainsi que, quand WALL-E vient bouleverser le bon fonctionnement en place, il finit par trouver involontairement de l’aide avec une bande de robots outsiders qui le célèbrent et l’aident. WALL-E possède quelques gags bien placés sur la façon dont cette société robotique fonctionne, similaire à la nôtre.

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Pour autant, si le dessin animé démontre que la technologie éloigne les individus les uns des autres, il ne s’agit pas de dire qu’elle est mal ; WALL-E et EVE sont le cœur de l’oeuvre, deux robots différents qui se sont trouvés et qui vont aider l’homme à retrouver ses racines.

Fable écologique, critique du consumérisme, histoire d’amour et ode à la différence et aux contacts humains, WALL-E est un film qui est aussi déprimant qu’il en est poétique. Il offre une vision pessimiste de l’évolution de notre société et qui est malheureusement trop juste pour être ignorée ; c’est aussi une histoire drôle et touchante qui n’en oublie pas la véritable beauté humaine, capable de créer l’art, des machines utiles, le tout dans un monde vert.

WALL-E (2008)
Réalisateur : Andrew Stanton ; scénaristes : Andrew Stanton et Jim Morris.
Casting (vocal) : Ben Burtt, Elissa Knight, Jeff Garlin, Fred Willard, John Ratzenberger, Kathy Najimy, Sigourney Weaver, MacInTalk