World War Z (2013)

mercredi 11 septembre 2013 à 12:40

World War Z (2013)

Film catastrophe de son sujet à sa production, World War Z se présente comme une adaptation du roman éponyme de Max Brooks, ce qu’il n’est pas. Certes, le titre est là et les scénaristes ont collé dans les dialogues certaines références, mais les différences entre le livre et le long-métrage sont telles que l’on peut difficilement croire qu’ils soient affiliés de quelque façon que ce soit.

Il est alors nécessaire de ne pas prendre en compte cet angle quand on le regarde, sous peine de passer beaucoup trop de temps à se demander pourquoi telle ou telle autre histoire n’est pas utilisée pour étoffer les aventures de Brad Pitt.

World War Z (2013)

L’intrigue se centre donc sur lui – aka Gerry Lane – qui se retrouve au milieu d’une attaque de zombies. Il doit dans un premier temps sauver sa famille et, pour lui offrir une protection durable, il est forcé d’accepter de repartir sur le terrain pour découvrir l’origine du problème.

Cette dernière ne sera pas dévoilée dans le film, puisqu’elle n’est en fait que la motivation du personnage. L’idée première était surtout d’utiliser Gerry pour qu’il nous guide dans le monde de façon à bien mettre en avant la globalité de cette guerre contre les zombies. Là où la majorité des longs-métrages de ce genre la suggère, World War Z le montre. C’est d’ailleurs la seule chose qui est véritablement accomplie. Le film de Marc Foster se range alors parmi ceux dont le but principal est d’en mettre plein la figure, et c’est tout. Le fil conducteur qui guide fragilement Brad Pitt dans ses pérégrinations n’est réellement qu’une excuse de laquelle sera extirpée occasionnellement une pointe de suspense, mais certainement pas la moindre réflexion – à part à quel point c’est dur de survivre.

World War Z (2013)

World War Z (2013)

World War Z est cependant un film qui a souffert pour arriver jusqu’aux salles de cinéma et cela se traduit par un étrange déséquilibre. Si les deux premières parties évoluent de façon cohérente, enchainant les courses pour survivre contre des masses toujours plus grandes de zombies, la troisième partie du film laisse tout cela derrière pour revenir aux poncifs du genre avec ce qui s’apparente à un huis clos. Un petit groupe de survivants devant ainsi affronter un nombre réduit de morts-vivants dans un espace limité. Cela en deviendrait presque intime. Étrange sensation après la débandade totale qui précédait.

Au final, tout ceci est légèrement bancal, pour faire simple, mais cela ne permet pas à World War Z de gagner en épaisseur avant sa semi-conclusion qui est surtout une ouverture pour des suites qui, espérons-le, renouerons avec l’étude socioculturelle développée par Max Brooks dans son livre.

D’une certaine manière, le film de Mark Foster suit la mouvance et, au lieu d’utiliser le zombie comme un outil narratif, il s’en sert comme de la chair à canon, le réduisant à l’état d’ennemi générique. Cela tend à faire également de World War Z un film tout aussi générique qui fait passer deux heures sans trop fatiguer. N’incitant pas à la réflexion et ne délivrant pas de réels frissons, le spectacle est tout de même avant tout anecdotique.

World War Z (2013)

Réalisateur : Marc Forster ; Scénaristes : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof.
Casting : Brad Pitt, Mireille Enos, Fana Mokoena, Daniella Kertesz, James Badge Dale, David Morse, Abigail Hargrove, Sterling Jerins, Fabrizio Zacharee, Peter Capaldi, Pierfrancesco Favino, Ruth Negga, Moritz Bleibtreu.