Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph – 2012)

mercredi 20 février 2013 à 11:02

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

Alors que Pixar s’attaquait au mythe de la princesse avec Brave (Rebelle), Disney donnait sa version « Toy Story dans l’univers du jeu vidéo » avec Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph). D’une certaine façon, on pourrait se dire que les rôles ont été inversés, mais à ce stade, et avec John Lasseter en directeur artistique des deux studios, cela m’apparait plus comme une évolution naturelle et qui était quasi inévitable.

Wreck-It Ralph est donc l’histoire de Ralph, méchant du jeu vidéo Fix-It Felix qui est fatigué d’endosser ce rôle ; il souhaite obtenir le respect de ses collègues et être rien qu’une fois le gentil qui remporte une médaille.

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

En compagnie de Ralph, nous découvrons les « coulisses » du monde du jeu vidéo. Quand l’arcade ferme ses portes, le travail est terminé et les personnages mènent leur propre existence.  Ralph peut donc quitter Fix-It Felix pour se rendre dans d’autres jeux et c’est ce qu’il va faire.

Wreck-It Ralph délivre un certain nombre de références à des figures iconographiques de l’univers du jeu vidéo et les gamers en ont sûrement vu plus que moi. D’une certaine manière, il s’agit là de tirer sur une sorte de corde nostalgique qui trouve aussi du sens dans les thématiques de l’oeuvre. Cela va, à un certain niveau, au-delà de l’aspect référentiel, car Wreck-It Ralph s’impose comme un long-métrage qui mélange les anciens et les nouveaux codes du monde animé – visuellement ou narrativement parlant. Il est techniquement le descendant du monde animé post-Pixar, sans compter les grandes thématiques du film avec cette forte notion d’amitié (aussi improbable qu’indispensable) et cette acceptation de soi et d’accomplissement envers et contre tous. Si ce sont des sujets qui traversent les oeuvres Pixar, il ne faudrait certainement pas oublier la place de Disney, surtout en ce qui concerne le fait de dépasser les idées reçues pour affirmer sa véritable valeur.

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

Wreck-It Ralph, soutenu par sa conclusion, se révèle donc être presque un long-métrage métaphorique sur le monde de l’animation qui cherche alors constamment un équilibre entre son lourd héritage et les évolutions qui accompagnent le temps. Personne ne connait mieux le sujet que Disney ; il en est de même pour le jeu vidéo et Les Mondes de Ralph qui sont au final utilisé pour plonger au cœur d’une société qui est tout aussi codifié que la nôtre – les personnages étant ici victime de leur programmation.

Le héros – doublé par John C. Reilly – va donc, suite à une crise existentielle, nous entrainer dans différents univers et offrir la possibilité au film de déployer une belle palette d’images. Certes, ce n’est pas visuellement aussi scotchant que Brave, mais le film possède beaucoup d’idées et l’aventure de Ralph nous fait balader suffisamment pour que l’ensemble se montre à la fois ambitieux et coloré.

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

Le long-métrage se déroule pendant une grande partie dans le monde du jeu Sugar Rush, sorte de variante Disneyienne à Alice avec une mythologie qui fait d’ailleurs en partie écho à l’œuvre de Lewis Caroll, si ce n’est que l’héroïne ici est une gamine du  nom de Vanellope von Schweetz – avec la voix de Sarah Silverman. Il serait mentir de dire qu’elle n’est pas par moment agaçante, mais son association avec Ralph se révèle aussi efficace.

Les deux, malgré leurs différences, sont au fond similaire, parce qu’ils sont victimes des codes des jeux (symbole de la société) dans lequel ils sont – et la situation pour Vanellope est poussée encore plus loin, car elle est littéralement coincée. Il s’agit donc, pour l’un comme pour l’autre, d’embrasser qui ils sont pour réussir à totalement s’épanouir.

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)

Cette amitié se laisse regarder et se déroule exactement comme on pourrait s’y attendre. Cependant, pour pimenter un peu plus le récit, on peut compter sur Fix-It Felix, Jr. et Sergeant Tamora Jean Calhoun – tous deux voulant réparer les dégâts causés par Ralph quand il a fui.  Ce duo improbable est utilisé à merveille pour se moquer autant de certains clichés que pour se les réapproprier. Si cela fonctionne si bien, c’est aussi grâce au fait que Felix se révèle être un personnage plutôt attachant – et j’avoue qu’avec la voix de Jack McBrayer, le pari était un brin risqué.

Wreck-It Ralph est donc un film dynamique qui se développe autour des grands thèmes classiques lié à l’indépendance d’esprit et au besoin de trouver sa place parmi les autres. Cela apparait parfait pour un public jeune, le résultat manquant tout de même d’une certaine prise de risques qui aurait pu élever le niveau général de l’œuvre – qui est au final plutôt réussie.

Wreck-It Ralph (Les Mondes de Ralph - 2012)
Réalisateur : Rich Moore ; scénaristes : Phil Johnston et Jennifer Lee.
Casting (vocal) : John C. Reilly, Sarah Silverman, Jack McBrayer, Jane Lynch, Alan Tudyk, Mindy Kaling, Ed O’Neill, Dennis Haysbert.